Haute-Garonne: C'est quoi cette drôle d'idée de voler 32 tonnes de colza dans un silo?

GRAIN A MOUDRE Un vol hors normes a eu lieu ce week-end dans une coopérative agricole de la Haute-Garonne. Trente-deux tonnes de colza se sont envolées. Mais pour quoi faire ?

Helene Menal

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Un champ de colza dans la Haute-Garonne. Illustration
Un champ de colza dans la Haute-Garonne. Illustration — FRED SCHEIBER
  • Trente-deux tonnes de colza stockées dans le silo d’une coopérative de la Haute-Garonne ont été volées.
  • La valeur marchande de ce butin plus qu’insolite est de 11.500 euros.
  • Et la « marchandise » ne peut être revendue qu’à l’état brut.

La bourgade de Lanta, à une vingtaine de kilomètres de Toulouse, a été le théâtre dans la nuit de samedi à dimanche d’un cambriolage hors normes : alors que la fête locale battait son plein, des individus ont tranquillement « siphonné » le silo d’une coopérative agricole et dérobé… 32 tonnes de graines de colza.

« Nous avons d’abord cru à une erreur de stockage mais quand nous avons retrouvé le cadenas qui fermait la trappe du boisseau par terre, nous avons compris », raconte William Bouziguet, le responsable de la coopérative Arterris dans le Lauragais.

Le butin, aussi insolite qu’intransportable dans un véhicule ordinaire, montre que l’équipée a sans doute été minutieusement préparée. Selon un syndicaliste agricole, il faut en effet au moins « trois remorques de tracteur » pour transvaser le tout.

11.500 euros de marchandise à revendre

Au prix du marché, quelque 360 euros la tonne en ce mois de juillet, les voleurs ont théoriquement en poche un petit capital de 11.500 euros environ. Mais comment écouler la marchandise désormais ?

Le colza est utilisé pour fabriquer du biocarburant ou bien de l’huile alimentaire. « Il s’agissait de grains en vrac, impossible à tracer », précise William Bouziguet.

Plusieurs hypothèses

Alors, besoin d’une quantité industrielle d’huile pour une frites party géante avant la demi-finale France-Belgique ? « La transformation du colza en huile comme en carburant demande à avoir recours à un process industriel », explique notre agriculteur. Pour lui, la piste la plus probable est celle du sérail, avec un producteur qui aurait l’intention de revendre - une deuxième fois - la marchandise à une coopérative.

« Sinon, c’est quelqu’un qui va reconditionner les grains en petits sacs et qui croit pouvoir les revendre comme nourriture pour les oiseaux par exemple, ou quelqu’un qui s’est trompé de variété et va tout jeter », suggère de son côté William Bouziguet.

Plusieurs hypothèses donc pour ce drôle de cambriolage. Arterris a déposé plainte lundi et l’enquête a été confiée à la gendarmerie.