Toulouse: Le maire LR doit-il se mettre En Marche pour les municipales? Le scénario divise

POLITIQUE L’hypothèse d’une alliance entre Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, et les marcheurs pour les municipales de 2020 s’étoffe. Mais elle comporte aussi pas mal de failles…

Helene Menal

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Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, et Edouard Philippe, le Premier ministre, au Capitole.
Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, et Edouard Philippe, le Premier ministre, au Capitole. — F. Scheiber - Sipa
  • Sur le papier, Jean-Luc Moudenc le maire de Toulouse, est Macron-compatible.
  • Pourrait-il pour autant se faire réélire en faisant alliance avec les marcheurs ?
  • L’hypothèse est crédible mais elle provoque aussi une certaine hostilité en contrariant des ambitions.

En citant Toulouse comme une des villes où La République en marche pourrait faire une alliance avec le maire sortant lors des prochaines municipales, Christophe Castaner, le délégué général du parti macroniste, a déclenché la machine à palabres.

Il a aussi souligné une réalité évidente : Jean-Luc Moudenc est Macron-compatible. Centriste de toujours, il prend régulièrement ses distances avec la ligne de plus en plus eurosceptique de Laurent Wauquiez. Depuis longtemps, il fait du Macron avant l’heure – « Du Toulouse », préfère-t-il souligner – en présentant par exemple sur sa liste 50 % de candidats issus de la société civile. « Une ville ne doit pas être prisonnière d’un parti fusse celui du maire », estime l’édile.

Et la séquence câlins et papouilles qui vient de s’achever avec la visite à Toulouse du Premier ministre Edouard Philippe accrédite l’hypothèse. Pour François Briançon, le chef de file de l’opposition socialiste, le Havrais est venu conclure un deal et assurer au maire de Toulouse qu’il n’y aura pas de candidat En Marche contre lui en 2020.

Mais ce scénario tout ficelé comporte des failles. En premier lieu, la prudence de l’intéressé. Jean-Luc Moudenc prend les compliments de Castaner comme l’hommage d’un ex-collègue maire. Il n’a pas pour l’heure l’intention de quitter Les Républicains et « de tourner le dos » à des militants qui ont toujours fait campagne pour lui. Et puis « est-ce que le climat politique sera le même ? », s’interroge celui qui sait trop bien que le contexte national peut peser.

Des ambitions locales mais Belloubet forfait

En second lieu, il y a un problème de « méthode » mis en avant – assez diplomatiquement – par les responsables locaux de LREM. Pierre Castéras, le délégué départemental, dit « la même chose » que Christophe Castaner : in fine, « il est possible qu 'on tende la main à des maires LR ou PS ». « L’objectif est d’être présents à toutes les élections […]. Mais, tempère-t-il, on ne court pas, on marche, et nous avons arrêté un calendrier et une méthode. » Cette dernière consiste « à bâtir des projets locaux » après avoir détecté des « talents ».

Le plus cité de ces hypothétiques leaders est Alain Di Crescenzo, l’entrepreneur qui préside la chambre régionale de Commerce et d’Industrie. « C’est un marcheur investi qui a une expertise et une expérience », souligne Pierre Castéras. La Garde des Sceaux, Nicole Belloubet, ex-élue socialiste au Capitole, était aussi évoquée. Mais elle a mis fin aux rumeurs mardi en indiquant qu’elle n’était « pas candidate ».

L’hostilité de certains marcheurs

Enfin, il y a l’hostilité revendiquée de certains marcheurs à Jean-Luc Moudenc. « Je peux vous dire que sa politique à Toulouse déplaît totalement à une grande partie de la base », assure un cadre influent sous le couvert de l’anonymat. Il croit savoir aussi que l’amitié démonstrative entre Jean-Luc Moudenc et Edouard Philippe en a agacé plus d’un. Y compris à Paris.

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