VIDEO. Toulouse: Patrouille avec la Bac et forum associatif, Edouard Philippe infiltre les «réseaux» du Mirail

POLITIQUE Edouard Philippe a consacré la première partie de son long séjour toulousain au Mirail. De nuit, mercredi, il a patrouillé avec les policiers. De jour, jeudi, il s’est imprégné des initiatives associatives…

Helene Menal

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Edouard Philippe à Toulouse, avec le maire Jean-Luc Moudenc.
Edouard Philippe à Toulouse, avec le maire Jean-Luc Moudenc. — F. Scheiber - Sipa
  • Edouard Philippe a délocalisé Matignon à Toulouse jusqu’à vendredi soir.
  • Il a consacré une partie de sa nuit et de sa matinée au Mirail.
  • Sans faire d’annonce mais en écoutant les habitants.

Le Mirail a deux facettes. Il vit relativement paisiblement le jour mais tremble souvent la nuit. Et Edouard Philippe, en long séjour à Toulouse, a semble-t-il voulu découvrir les deux réalités de ce grand quartier populaire.

Mercredi soir, après un cocktail sous les dorures du Capitole, le Premier ministre a rejoint le commissariat de Bellefontaine pour échanger avec les policiers. Puis vers minuit, incognito, il est parti en patrouille avec un équipage de la brigade anticriminalité. L’histoire ne dit pas si les dealers du coin ont eu la surprise de se faire sermonner par l’ex-maire du Havre. L’intéressé indique juste qu’il a relevé « l’engagement exceptionnel » des fonctionnaires sur le terrain.

Retour au même endroit, ce jeudi matin pour Edouard Philippe. Sous le soleil et avec d’autres habitants. Du moins avec ceux qui ont réussi à se frayer un chemin dans l’essaim de caméras. Oumhani s’est faufilée avec sa poussette pour lui présenter son petit dernier, Elyas. « Ça m’a fait plaisir, j’ai pris une photo qui est déjà sur Facebook », dit-elle. La mère de famille n’a rien contre le gouvernement, « pour l’instant, précise-t-elle mais ça pourrait venir ». Cette autre dame a un grief. Elle a vraiment senti passer la hausse de la CSG sur sa retraite à 1.000 euros. Impossible, juge le Premier ministre, la mesure ne concerne que les retraites supérieures à 1.200 euros. Alors, il l’invite à Paris pour vérifier tout ça. Jean-Luc Moudenc, le maire LR de Toulouse, se propose pour jouer les intermédiaires.

Des sourires, des poignées de main et paroles chaleureuses. Mais rapides, pour cette courte déambulation. Edouard Philippe s’est en revanche attardé à la médiathèque, passant de tables en tables dans un forum associatif. « Il s’est montré sympathique et intéressé, il posait vraiment des questions en lien avec ce qu’on lui racontait », glisse Sterenn, une des éducatrices de l’association Rebonds ! qui insère les jeunes par le rugby et accompagne leurs familles.

« Ce qui est fascinant dans ce que j’ai vu ce matin, c’est que ce qui marche le mieux, ce n’est pas la distribution monétaire, ce n’est pas simplement déclarer des droits, […] c’est d’accompagner les personnes, de faire en sorte de leur redonner confiance par mille initiatives possibles », retient le chef du gouvernement de son passage au Mirail. Il garde son credo : « L’un des éléments d’une cohésion sociale raffermie, c’est le développement économique, c’est l’emploi. »

Il vaut mieux voir défiler les ministres que les cars de CRS. « C’est un signe positif », estime Fadilla, une militante associative, « mais il faut voir ce que ça donne ».

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