La solidarité part en vacances

Hélène Ménal - ©2008 20 minutes

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A l'opposé du tourisme de masse, une nouvelle forme de voyage dite « équitable » sort des valises du milieu associatif toulousain. Une journée d'information sera consacrée demain (lire encadré) à ces nouvelles pratiques hors des sentiers battus. « Ce tourisme est encore confidentiel et privilégie le contact avec les populations locales en évitant le folklore. Parce qu'une danse de la pluie faite tous les jours ça ne veut plus rien dire », explique Stéphane Gigon, membre fondateur de l'association spécialisée Echoway à Toulouse. Le militant met en garde contre les effets vitrines : « Un grand tour-opérateur va faire un coup de pub en posant un panneau solaire sur un hôtel en milieu désertique puis il va construire un golf juste à côté... »

L'association toulousaine Palabres sans frontières préfère construire des dispensaires. Elle organise depuis un an des séjours solidaires dans un village sénégalais. Les voyageurs y logent chez l'habitant, participent à des ateliers de chant ou de peinture sur tissu. « 5 % du prix du séjour sert à payer l'infirmière du dispensaire et 13 % revient au comité de gestion villageois », explique Magali Suchet, la responsable. A environ 1 400 euros le séjour individuel de deux semaines, l'association se situe « dans la moyenne des prix pratiqués. Sauf que le confort est minimal ». « Dans le tourisme éco-solidaire, il n'y a pas de buffet à volonté, ni 90 chaînes de télé en langues étrangères. Mais l'argent injecté ne profite pas qu'à quelques familles riches », ajoute Stéphane Gigon.