Toulouse: Mais c'est quoi cette caméra qui parle ?

SECURITE Au bord de la Garonne toulousaine, une caméra munie d’un haut-parleur permet à la police municipale de sermonner les auteurs de dérapages. Une expérimentation surprenante qui ne plaît pas à tout le monde…

Helene Menal

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La caméra haut-parleur du quai de la Daurade, à Toulouse.
La caméra haut-parleur du quai de la Daurade, à Toulouse. — H. Menal - 20 Minutes
  • Sur la place de la Daurade à Toulouse, un haut-parleur couplé à une caméra de vidéoprotection permet de sermonner les passants.
  • La mairie trouve l’expérimentation réussie.
  • Mais pour la ligue des Droit de l’Homme c’est le dispositif de trop.

Une voix qui vient d’en haut pour vous remettre sur le droit chemin. C’est l’étonnante expérience que vivent depuis quelques mois les Toulousains qui flânent ou festoient sur le quai de la Daurade, en bord de Garonne. Mais rien à voir avec une révélation divine. La voix est celle de la police municipale. Elle demande prosaïquement d’arrêter d’uriner, de consommer de l’alcool sur le domaine public et de quitter de l’aire de jeux. Effet garanti pour les groupes de jeunes qui décampent sans demander leur reste.

L’interpellation sort en fait d’un haut-parleur couplé à une des nombreuses caméras de vidéoprotection. Ce dispositif date du 21 septembre 2017. Mais la mairie ne l’a pas rendu public car il est « en phase d’expérimentation ».

Big Brother pour les uns, efficace pour les autres

C’est l’antenne toulousaine de la Ligue des droits de l'Homme (LDH) qui dévoile son existence, furieuse qu’on « monte d’un cran, de façon discrétionnaire et sans débat, dans le niveau sécuritaire, au détriment des libertés publiques ». « Quand j’ai vu passer un post sur les réseaux sociaux d’un Toulousain surpris par la voix en train de boire une bière à la Daurade, j’ai cru à une blague », reconnaît son responsable, Jean-François Mignard, qui demande le retrait de cette version « Big Brother » de « surprise sur prise ».

La mairie de son côté assume son haut-parleur. « C’est la version moderne du crieur du Moyen-âge qui venait avec son tambour faire des annonces, explique Olivier Arsac, l’adjoint à la sécurité. Il s’agit de petits rappels à l’ordre pour assurer la tranquillité publique, et préalable à une éventuelle intervention d’une patrouille ».

Selon l’élu, qui juge le dispositif, « à la fois rigolo et surprenant » la voix retentit en moyenne deux fois par jour. « Et trois fois sur quatre l’infraction cesse immédiatement, car l’effet de surprise rend l’avertissement efficace », précise-t-il. Du coup, la mairie songe à installer d’autres haut-parleurs, sur le Cours Dillon​, place Saint-Pierre ou place Occitane. Les Toulousains n’ont pas fini d’entendre des voix.

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