Chevreaux, ânes, moutons… Toulouse élargit sa gamme de tondeuses à gazon

ENVIRONNEMENT La mairie de Toulouse élargit son expérimentation de l’écopâturage. Des brebis, mais aussi des chèvres, deux ânes et des chevaux ont trois mois pour tondre les 33 hectares de la base verte des Argoulets…

Hélène Ménal

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Anna, la bergère gersoise qui s'installe dans la Ville rose pour trois mois avec ses bêtes.
Anna, la bergère gersoise qui s'installe dans la Ville rose pour trois mois avec ses bêtes. — H. Menal - 20 Minutes
  • A Toulouse, la mairie poursuit son expérimentation de l’écopâturage.
  • Sur une veste zone verte, les moutons, mais aussi les ânes et les chèvres remplacent les tracteurs tondeuses.

Déjà fréquentée par les skateurs, joggeurs et autres promeneurs, la zone verte des Argoulets, à Toulouse, a vu débarquer une tout autre faune en début de semaine : Gandalf et Karma les chevreaux, Valentin l’agneau entreprenant aux beaux yeux bleus, deux chiens, deux ânes, des chevaux… Une centaine de bêtes en tout, venues de la ferme «Terre de l'origine» dans le Gers, avec leurs bergers, Anna et Guillaume.

« Ils ont trois mois pour tondre les 33 hectares de la zone », sourit Marie-Pierre Chaumette, l’adjointe en charge des espaces verts, plutôt ravie d’avoir reconduit et surtout diversifié son « écopâturage » qui l’année dernière était exclusivement peuplé de brebis.

Après des débuts marécageux, la troupe s’adapte à sa nouvelle campagne, en bord de rocade. Elle fait piler les cyclistes en costard, et se pâmer les enfants en vacances (qui ont la mauvaise idée de partager leurs gâteaux).

Fertilisation et biodiversité

« L’herbe est bien grasse, il y a du trèfle, c’est vraiment idéal », souligne Guillaume, même si le bruit des voitures perturbe un peu les consignes données à son chien patou. En quelques jours, le ballet est bien réglé. « Les chevaux et les ânes s’occupent de la première coupe, les brebis tondent plus ras grâce à leurs molaires, et les chèvres débroussaillent », résume Anna.

Alors, ces trois mois d’exil pour les Gersois coûtent-ils moins cher qu’une sortie pétaradante des jardiniers de la ville sur leurs tracteurs tondeuses ? « Honnêtement, je ne fais pas ce genre de calculs à ce stade de l’expérimentation, répond Marie-Pierre Chaumette. L’avantage c’est qu’il n’y a pas de déchets verts. Les bêtes fertilisent propagent la flore en marchant, c’est bon pour la biodiversité ».

Et pour la pédagogie. Les chèvres des Pyrénées et les brebis landaises d’Anna et Guillaume font partie des races qui ont bien failli s’éteindre.

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