Toulouse: «Ramenez Ebru Firat», grande mobilisation pour la combattante anti-Daesh

MOBILISATION A Toulouse, la mobilisation s'amplifie pour appuyer la demande de transfèrement en France d’Ebru Firat, emprisonnée en Turquie après être partie combatte Daesh…

Hélène Ménal
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Ebru Firat, à l'aéroport Toulouse-Blagnac, juste avant son arrestation à Istanbul.
Ebru Firat, à l'aéroport Toulouse-Blagnac, juste avant son arrestation à Istanbul. — Association Aleif

Une cellule de 4 m2, « 15 à 20 minutes de promenade » quotidienne dans une cour minuscule et un placement à l’isolement dû a son statut de prisonnière politique. Voilà les conditions dans lesquelles Ebru Firat, une Toulousaine de 26 ans, purge sa peine de cinq ans dans une prison turque, d’après Agnès Casero, son avocate, qui a pu la rencontrer en février dernier.

La Franco-turque, d’origine kurde, était partie en 2014 combattre Daesh en Syrie. Elle a notamment participé à la bataille de Kobané. Mais son engagement s’est fait auprès des Kurdes du PKK, considéré comme une organisation terroriste par Ankara (et de nombreux autres pays). D’où son arrestation le 9 septembre 2016 à l’aéroport d’Istanbul alors qu’elle revenait de Toulouse.

Une procédure façon tank poussif

Aujourd’hui Ebru Firat ne conteste plus son appartenance au PKK. « Elle en faisait partie, c’est un fait », dit Agnes Casero qui préfère se concentrer sur sa « demande de transfèrement en France » pour qu’elle finisse d’y purger sa peine.

La procédure est officiellement engagée depuis le 1er décembre 2017. Mais entre les écueils juridiques et les prudences diplomatiques, elle a des allures « de tank qui marche à 1 km/h ». Un tank qu’il faut continuer à pousser. Les collectivités comme la région, le Département et la Métropole y contribuent. La mairie de Toulouse vient d’adopter, à l’unanimité, un vœu de soutien qui a ému aux larmes le père d’Ebru, présent dans la salle.

Une soirée de soutien le 26 avril

L’association Aleif (pour la laïcité et l’Entraide internationale des Femmes) est elle aussi sur plusieurs fronts. Grâce à des dons de particuliers, elle aide Ebru à « cantiner » pour améliorer son ordinaire.

Et pour maintenir la pression, en plus d’avoir lancé une pétition, elle organise le jeudi 26 avril une soirée de soutien, en présence de l’écrivain Patrice Franceschi, spécialiste de la question kurde.