Toulouse: La rupture de canalisation à Saint-Michel est-elle symptomatique de l'état du réseau d'eau?

SOCIETE Samedi, une nouvelle rupture de canalisation a touché le quartier Saint-Michel. Des militants critiquent l’état du réseau d’eau, Véolia et la Métropole assurent qu’il est en bon état…

Béatrice Colin

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La rupture de canalisation dans le quartier toulousain de Saint-Michel a eu lieu le 10 mars 2018.
La rupture de canalisation dans le quartier toulousain de Saint-Michel a eu lieu le 10 mars 2018. — SDIS Haute-Garonne
  • En deux ans, deux ruptures importantes de canalisation ont eu lieu à quelques mètres de distance dans le quartier Saint-Michel.
  • Selon Veolia, le réseau d’eau toulousain, dont les canalisations ont 40 ans en moyenne, est l’un des performants au niveau national.

Samedi, les riverains et commerçants du quartier Saint-Michel, à Toulouse, se sont retrouvés les pieds dans l’eau​, tout comme la station de métro. La rupture d’une canalisation est à l’origine de ce sinistre, tout comme cela avait été déjà le cas il y a un an, à quelques centaines de mètres de là, au niveau de la station de métro Saint-Agne.

Deux incidents à un an d’intervalle qui suscitent des interrogations au sein de la population sur l’état du réseau.

Expertises en cours

Si en 2017, le choc thermique dû à des changements brusques de température était à l’origine de la casse, cette fois-ci le tube en fonte de 30 centimètres de diamètre pourrait avoir été victime de travaux réalisés par d’autres opérateurs selon Veolia.

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Le gestionnaire du réseau d’eau et d’assainissement n’est pas le seul usager du sous-sol, ses tuyaux y côtoient ceux du gaz ou encore de la fibre optique.

« Lors de chaque intervention, il y a des règles à respecter pour ne pas induire des tensions sur notre canalisation. Cela pourrait être à l’origine de la rupture et nous avons fait faire un constat par huissier. Notre canalisation a aussi été prélevée pour être analysée », indique Olivier Sarlat, directeur des opérations Toulouse chez Veolia-Eau qui assure tout faire pour que les victimes soient indemnisées rapidement, quelles que soient les responsabilités établies après les expertises.

Etat du réseau en question

A la suite de ce nouvel incident, le collectif Ô Toulouse, favorable à une gestion publique de l’eau, a pointé du doigt une dégradation du réseau d’eau potable due à un taux de renouvellement des canalisations trop faibles, soit 0,4 % des 1.500 kilomètres de canalisations changés tous les ans.

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A ce rythme « le renouvellement complet du réseau demandera 238 ans, alors que la durée moyenne des canalisations est très inférieure à 100 ans », met en avant le collectif qui plaide au retour en régie après 2020, date d’échéance de l’actuel contrat de délégation de service public.

« Cette canalisation avait 70 ans et leur durée de vie va au-delà. Nous renouvelons six kilomètres de canalisations par an et nos équipes réparent une centaine de fuites par an. Nous avons un des meilleurs taux de rendement des grandes villes françaises, le réseau est entretenu », répond Olivier Sarlat.

L’âge moyen des canalisations est de 40 ans

Pour 100 litres injectés dans le réseau, 91,7 % arrivent jusqu’au robinet. Sur le reste de la Métropole ce taux est de 86 % et sur certaines communes de 73 %.

Pour Pierre Trautmann, adjoint au maire chargée de la gestion des services publics, « le réseau d’eau est très bon, le réseau a en moyenne 40 ans ».

Après 2020, et le choix d’une nouvelle délégation ou d’un passage en régie publique, c’est la Métropole qui prendra en charge 70 % du renouvellement du réseau. Le nombre de kilomètres changé tous les ans sera doublé.

Quant à la portion touchée deux fois en un an, elle pourrait être remplacée plus vite que prévue. « Selon nos calculs, le renouvellement du tronçon était prévu dans 17 ans et ne faisait pas partie de nos priorités. Mais compte tenu des deux incidents, nous allons voir si nous n’allons pas accélérer son changement », indique Pierre Trautmann.