VIDEO. Toulouse: La fresque sexiste (et moche) de l'internat de médecine ne passe plus

SOCIETE Au CHU de Purpan, à Toulouse, l’humour carabin et la misogynie qui le caractérise ne passent plus. La direction demande officiellement le décrochage de la fresque sexiste qui orne la cantine de l’internat et qui fait polémique depuis de longs mois…

Hélène Menal

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Cette fresque misogyne et sexiste est accroché à la cantine de l'internat du CHU de Purpan à Toulouse.
Cette fresque misogyne et sexiste est accroché à la cantine de l'internat du CHU de Purpan à Toulouse. — SudSante31
  • Sous couvert d’humour carabin, une fresque sexiste orne la cantine de l’internat du CHU de Toulouse.
  • Depuis janvier, un collectif d’internes et d’externes dénonce cette forme de « harcèlement sexuel ».
  • Ce 8 mars, la direction du CHU, propriétaire des locaux, demande officiellement aux associations d’internes de décrocher et de remiser la fresque de la discorde.

L’esthétique est déjà plus que discutable. Quant au message véhiculé sous couvert d’humour carabin, il est carrément d’un autre âge. La fresque qui orne la cantine des internes en médecine du CHU de Purpan, à Toulouse, avec ces femmes nues, parfois lascives, offertes à leurs supérieurs hiérarchiques hommes, alimente la polémique depuis le 11 janvier. Depuis qu’un collectif, baptisé Jeudi Onze, d’internes et d’externes, déjà lassées de se faire appeler « ma foufoune », a décidé de se rebeller et de demander son décrochage.

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Le collectif a surmonté « l’œuvre » d’une banderole demandant : « Ceci est du harcèlement sexuel, qu’en pensez-vous ? ». Lui a déjà sa petite idée : « Il s’agit de propos humiliants et dégradants auxquels nous sommes confronté-e-s de façon quotidienne lorsque nous allons prendre nos repas à l’internat. » De plus « ces fresques entretiennent des stéréotypes sexistes et nient tout du moins banalisent les situations de harcèlement sexuel », ajoute Jeudi Onze dans la lettre envoyée en janvier à la direction du CHU.

Les internes devant leurs responsabilités

Deux mois après, les fresques n’ont pas bougé. Mais elles vivent peut-être leurs derniers jours. Car ce jeudi 8 mars, journée internationale des droits des femmes, était aussi la date d’un comité technique d’entreprise du CHU. « Nous ne pouvions pas ne pas aborder le sujet », confie Julie Ferrua, la secrétaire départementale du Sud Santé Sociaux 31, qui soutient à fond le combat de Jeudi Onze.

« Anne Ferrer, la directrice générale du CHU par intérim nous a annoncé qu’elle demandait le décrochage des fresques aux deux associations d’internes en médecine », indique la militante.

La direction du CHU confirme ce « courrier officiel » en date du 8 mars. « Nous sommes propriétaires des lieux mais leurs gestionnaires sont les internes, nous leur demandons donc de déplacer les fresques et de les remiser », précise-t-elle.

La « culture carabine » en débat

Mais le combat du collectif et des syndicats va bien au-delà du simple décrochage de tableaux moches. « Nous voulons déclencher un vrai débat sur le machisme dans l’établissement », insiste Julie Ferrua.

Et la direction est d’accord : « les fresques ne sont pas le fond du problème », dit-elle. Le fond du problème, c’est une « culture carabine » ancestrale, à laquelle le CHU, qui met aussi en place une « cellule harcèlement », compte s’attaquer. En faisant les choses « dans la concertation ».