«Claude Nougaro offre la langue française sur un plateau d’argent», selon sa fille Théa

INTERVIEW Théa, la troisième fille du chanteau Claude Nougaro, vient de sortir un livre-CD de 12 titres illustrés de son père qu’elle présente ce samedi à Toulouse…

Propos recueillis par Beatrice Colin

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La fille de Claude Nougaro, Théa, sera à Toulouse le 3 mars pour dédicacer son livre audio.
La fille de Claude Nougaro, Théa, sera à Toulouse le 3 mars pour dédicacer son livre audio. — Claude Gassian
  • Ce livre-CD est tourné vers les enfants car Théa Nougaro voulait présenter le « conteur fabuleux » qu’était son père Claude.
  • Concernant le projet de maison Nougaro porté par sa sœur Cécile, un financement participatif va être lancé.

Théa Nougaro, la troisième fille du chanteur, sera samedi à la librairie toulousaine Ombres Blanches pour le présenter le livre-CD de 12 titres en hommage à son père sorti récemment aux Editions des Braques. Un projet tourné vers les enfants, qui permet de parler de la transmission du savoir. Théa Nougaro a répondu aux questions de 20 Minutes.

Vous êtes à Toulouse ce samedi pour une séance de dédicaces de votre livre-CD autour des chansons de votre père. Comment avez-vous eu l’idée de ce livre ?

Tout au long de ma vie, j’ai eu accès au sens des chansons de mon père de différentes façons en fonction de mon âge. Lorsque je suis devenue maman et que j’ai fait écouter son grand-père à ma fille, elle m’a posé beaucoup de questions qui nous ont conduits à parler de la nature humaine, de la différence, des conséquences de nos actes sur notre environnement,… A ce moment, j’ai eu envie de réaliser un livre-CD illustré, trio complémentaire : le texte à lire, le dessin à regarder, le CD à écouter pour découvrir, comprendre, analyser, danser, rêver…

Il est destiné aux enfants. Pourquoi avez-vous visé ce public ?

Parce que je voulais leur présenter mon père, cet immense artiste, ce conteur fabuleux. Ses chansons sont construites comme de véritables fables ou courts-métrages. On ne peut s’empêcher de visualiser ce qu’il nous raconte. Et puis je ne pense pas que l’art, la poésie soient réservés aux adultes. Claude Nougaro offre la langue française sur un plateau d’argent. Mon père écrivait ce qu’il vivait, ce qu’il observait. Il parlait de lui, de nous, de l’humanité, de l’environnement, de la laideur et de la beauté. Il fallait qu’on entende sa voix, sa diction singulière qui permet une compréhension immédiate de ce qu’il dit, mais je souhaitais aussi que les textes soient couchés sur le papier pour qu’ils soient lus comme des contes du soir.

Cela a-t-il été difficile de se replonger dans ses textes pour en proposer seulement quelques-uns ?

Difficile de faire des choix, oui. J’ai été aidée par mes souvenirs d’enfance, par les préférences de ma fille et par le regard neuf de mon éditrice. Je pense qu’il y a de quoi constituer une petite collection de l’ouvrage avec beaucoup d’autres titres. Il y a une volonté aussi que les parents et les grands-parents transmettent, grâce à ce patrimoine qui a fait partie de leur enfance, des valeurs à travers les échanges que les textes susciteront.

Votre père a beaucoup apporté à son public à travers ses chansons et textes. Mais qu’a-t-il transmis à ses enfants ?

Une œuvre merveilleuse qui le raconte, qui nous guide parfois, souvent : « Passe, passe dans la vie en visiteur. C’est beau applaudis, c’est laid passe ailleurs… » (extrait du titre Visiteur). On entre dans son œuvre comme on entre dans un atelier de joaillerie. Il y aurait tant à dire.

Toulouse est imprégnée par Nougaro. Il s’affiche en 4x3 à Saint-Pierre, les passants posent avec lui au square de Gaulle. Quel regard portez-vous sur ces hommages ?

Ils sont très émouvants. A chaque fois que je viens à Toulouse, je suis touchée. Même si mon père à davantage vécu à Paris qu’à Toulouse, c’est une ville emblématique pour moi, qui sert mon père avec beaucoup de force et de douceur à la fois. Il y est très présent. J’ai continuellement en tête son portrait déployé place du Capitole après son départ, cette place pleine le soir du 9 septembre 2004 pour lui rendre hommage, la sculpture de Sébastien Langloÿs à hauteur d’homme qui lui donne vie parmi les passants. J’aime Toulouse !

Participez-vous au projet de maison Nougaro lancé par votre sœur Cécile ?

Bien sûr ! Si j’étais sur place je participerai davantage mais j’en suis ! C’est un très beau projet qui doit absolument voir le jour. La première ouverture doit avoir lieu en avril prochain. Cela fait déjà neuf ans que la péniche Sanctanox est là pour un destin bel et bien tracé mais les financements pour les travaux étant essentiellement privés, l’équipe vient de prendre la décision de lancer une campagne participative. Cécile et son équipage ont raison d’entamer cette nouvelle démarche, ce sont les poussières d’étoiles qui rendent le ciel féerique.