Toulouse: Un nouveau proviseur au lycée Gallieni, mais sans recette miracle selon les profs

EDUCATION En proie à des violences depuis plusieurs semaines, le lycée toulousain Gallieni vient de se voir affecter un nouveau proviseur. Mais sans les moyens qui vont avec selon les enseignants…

Beatrice Colin

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Le lycée Gallieni, à Toulouse.
Le lycée Gallieni, à Toulouse. — B. Colin / 20minutes

Il a été présenté comme un « super » proviseur, à la tête d’une  équipe de choc nommée à la demande du ministre de l'Education en personne. Mais ce vendredi, lors de sa première journée au lycée de Gallieni, Fabrice Pinteau a reconnu qu’il n’avait aucun super pouvoir pour résoudre la crise qui agite depuis plusieurs semaines l’établissement toulousain, en proie à des violences régulières de la part d’une centaine d’élèves.

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« On n’arrive pas en disant je suis Zorro, on écoute les gens, on rencontre les parents, les enseignants, les jeunes et on entame un diagnostic », a-t-il indiqué en préambule ce vendredi, le jour de sa prise de fonction. Dans ses missions, il a celle de « rétablir les valeurs républicaines ». Pour celui qui a été volontaire pour cette mission, « il est hors de question que des jeunes filles puissent être mal à l’aise en venant dans cet établissement ».

Pour l’épauler dans ses missions, un proviseur adjoint va être nommé et sera affecté aux questions de sécurité et en contact avec les forces de l’ordre et la protection judiciaire de la jeunesse, une première dans l’Académie.

« Nous allons mettre en place un protocole pour les incivilités au quotidien », indique-t-il et cela passera par des sanctions.

Plus de moyens demandés par les enseignants

De l'avis des enseignants, cette arrivée ne devrait « pas régler les problèmes ». « On lui souhaite de réussir. Mais il arrive avec aucun moyen et le public difficile est toujours là. Il vient d’un collège en REP +, nous, nous n’avons pas les moyens de l’éducation prioritaire », relève Eric Abgrall, enseignant et représentant du SNES/FSU.

Les représentants des enseignants s’estiment peu soutenus. « Il y a des conseils de discipline, mais les élèves exclus reviennent avec le sourire, car souvent il n’y a pas de place pour les scolariser ailleurs et ils ont le sentiment qu’on ne peut rien contre eux, ils ont un sentiment d’impunité », poursuit le syndicaliste qui réclame, notamment l’arrivée de surveillants supplémentaires, la réduction des effectifs de certaines classes ou encore, dans certains, la présence de deux enseignants par classe.