Toulouse: Blocage de l’Université Jean-Jaurès et manifestation contre la «fusion» et la «sélection»

UNIVERSITE Après plusieurs jours de mobilisation, des personnels et étudiants de l’Université Toulouse Jean-Jaurès ont bloqué les accès aux salles de cours ce jeudi et manifesté dans les rues de Toulouse contre le projet de fusion des Université et Parcoursup…

Beatrice Colin

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A l'Université Toulouse-Jean-Jaurès, le 1er février 2018.
A l'Université Toulouse-Jean-Jaurès, le 1er février 2018. — B. Colin / 20 Minutes

Rares étaient les salles de cours accessibles ce jeudi matin à l'Université Toulouse-Jean-Jaurès (UT2J). Si l’entrée sur le campus du Mirail se faisait librement, il n’en était pas de même dans les bâtiments.

A l’appel de plusieurs membres du personnel et de syndicats étudiants, un blocage a été initié dans le cadre de la journée nationale contre la réforme de l’orientation, la nouvelle plate-forme d’inscription aux études Parcousup et l’instauration d’un tri dans les candidatures.

« Dévastateur pour la jeunesse de notre pays »

« Pour nous c’est encore pire que l’ancien système APB (Admission post-bac). Chaque université va décider du mode de sélection selon la discipline et on se bat contre ça. Cela va être dévastateur pour la jeunesse de notre pays », critique Hervé Petit du syndicat FSU.

A ces revendications nationales s’ajoute une problématique bien plus locale, celle de la « fusion » des universités toulousaines. Depuis plusieurs semaines, le personnel est mobilisé contre ce projet qui selon lui est « une mise en danger de la carte des formations de l’université ».

« S’il la fusion se fait, ce sera un conseil d’administration stratégique de 30 membres, dont 13 personnalités extérieures dont certaines de grandes entreprises. Et dans le contexte budgétaire actuel, lorsqu’il faudra choisir entre mettre de l’argent sur la biologie, l’informatique ou l’Occitan et le cinéma, le choix sera vite fait », prédit Hervé Petit.

Pas de démission

Certains membres du personnel réclament la démission du président de l'UT2J, Daniel Lacroix. Une demande à laquelle se refuse le principal intéressé. « Dans une période aussi compliquée il n’est pas opportun que je démissionne, cela entrainerait une période de confusion encore plus importante et les problèmes vont rester », assure Daniel Lacroix qui regrette « que la liberté de circulation sur le campus ne soit pas respectée ».

Ce dernier « regrette l’amalgame des sujets » et rappelle qu’il n’a « pas la main sur Parcoursup ». Avant d’ajouter : « Nous ne mettrons pas en œuvre cette année la sélection, pas plus que les autres années ».

Après une assemblée générale où une nouvelle journée de blocage a été votée pour mardi 6 février, étudiants et personnels ont manifesté dans les rues de Toulouse.