Toulouse: Des chercheurs dégainent un «banal» anti-inflammatoire pour soigner le mélanome (et c’est une révolution)

CANCER Des chercheurs de Toulouse testent l'utililisation d'un anti-inflammatoire contre les cancers de la peau les plus agressifs. Une première mondiale...

H.M. avec AFP
Un dermatologue qui vérifie qu'une patiente n'a pas un mélanome.
Un dermatologue qui vérifie qu'une patiente n'a pas un mélanome. — J. S. Evrard - Sipa
  • 12.000 cas de mélanome sont diagnostiqués en France chaque année.
  • Des chercheurs toulousains ont découvert que l’ajout d’un anti-inflammatoire au traitement est prometteur pour empêcher la progression ou la récidive des cancers de la peau.
  • Ils présenteront leur découverte à l’occasion de l’OncoWeek, organisée du 3 au 7 février par l’Oncopole de Toulouse.

À force de séances de bronzette excessives, 12.000 cas de mélanome sont diagnostiqués chaque année en France, dont « 2.500 à 3.000 vont se métastaser », avec des risques de récidive importants. Et le phénomène pourrait doubler d’ici 20 ans. Mais des chercheurs toulousains pourraient bien briser le cercle infernal, en introduisant dans le protocole de soins des cancers de la peau un simple anti-inflammatoire.

Découverte fortuite

Les équipes des professeurs Bruno Ségui, biologiste au Centre de recherches en cancérologie de l’Oncopole de Toulouse, et de l’onco-dermatologue Nicolas Meyer ( IUCT-Oncopole) utilisent un anti-inflammatoire déjà utilisé pour des maladies auto-immunes comme le psoriasis, la maladie de Crohn, ou encore la polyarthrite rhumatoïde.

Elles sont sur le point de lancer un premier essai de phase 1 sur six patients atteints d’un mélanome agressif.

La découverte des Toulousains, d’abord fortuite comme souvent, bat en brèche un dogme médical qui consiste à traiter les mélanomes par l’immunothérapie seule. Or Bruno Ségui et Nicolas Meyer considèrent que cette dernière a ses limites.

Eteindre l’incendie

« Quand on utilise l’immunothérapie, on crée une inflammation dans le cancer. Et cette inflammation va avoir un effet négatif. Elle va permettre aux cellules cancéreuses de se protéger de l’immunothérapie et la tumeur peut reprendre sa progression », explique Bruno Ségui. Son projet est de s’en prendre à une protéine, la TNF (Tumor necrosis factor), présente dans le mélanome, et « véritable chef d’orchestre des inflammations ». « Avec l’anti-TNF, le but est d’éteindre l’inflammation et de laisser le système immunitaire éteindre la tumeur ».

Ces travaux, et d’autres tout aussi enthousiasmants, feront l’objet d’une présentation lors de l’OncoWeek, une manifestation organisée par l’Oncopole de Toulouse autour de la journée mondiale contre le cancer.