Toulouse: L’an prochain, les propriétaires qui louent sur AirBnb vont (aussi) devoir se déclarer en mairie

TOURISME Après Paris, Bordeaux ou Nice, les loueurs de logements touristiques vont devoir s’immatriculer en 2018 auprès de la mairie pour une meilleure régulation de l’offre…

Béatrice Colin
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La plateforme Airbnb propose plus de 5.000 locations de particulier à particulier.
La plateforme Airbnb propose plus de 5.000 locations de particulier à particulier. — B. Colin / 20 Minutes
  • Selon la plateforme Airbnb, 5.400 logements sont proposés à la location à Toulouse.
  • Les propriétaires ont l’obligation de ne pas louer plus de 120 nuits par an, ils devront s’immatriculer auprès de la mairie à partir de l’an prochain.

Pour passer une nuit à Toulouse, certains préfèrent désormais aller chez l’habitant, en réservant une chambre pour 41 euros du côté des Minimes ou carrément une villa entière à Saint-Cyprien pour plus de 200 euros. Au total, plus de 5.400 logements sont proposés à la location sur Airbnb.

A Toulouse, 5.400 locations sont proposées sur la plateforme Airbnb.
A Toulouse, 5.400 locations sont proposées sur la plateforme Airbnb. - Dataville/AirBnb

Et selon la plateforme, leurs propriétaires gagnent en moyenne 1.200 euros chaque année. Une diversification de l’offre qui est loin d’être mal vue par la mairie de Toulouse.

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Mais après Paris, Bordeaux ou encore Nice, cette dernière a toute de même décidé « de réguler cette offre pour éviter la concurrence déloyale, notamment avec le secteur hôtelier », indique Sylvie Rouillon-Valdiguié.

L’élue chargée du tourisme à la mairie de Toulouse va ainsi proposer deux délibérations d’ici à la fin de l’année prochaine qui obligeront à terme les loueurs à se faire référencer auprès des services communaux.

Réguler et suivre

Leur logement touristique sera ainsi immatriculé, ce qui est le cas à Paris depuis le 1er décembre dernier. Un numéro qui permet aussi de savoir quels sont les propriétaires qui respectent la loi qui limite à 120 jours par an le nombre de nuitées autorisées à la location dans toutes les communes de plus de 200.000 habitants.

Dans la capitale, 68 loueurs ont ainsi été sanctionnés pour près d’un million d’euros parce qu’ils ne respectaient pas la réglementation. Un moyen pour les élus parisiens d’éviter de perdre des logements au profit de locations de meublés touristiques.

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« Nous avons fait une analyse et il y aurait, entre toutes les plateformes, entre 5 et 8.000 locations disponibles. Ce qui tourne, c’est plutôt 800 clés, nous ne sommes pas du tout dans la problématique parisienne, ce n’est pas au détriment des Toulousains qui cherchent un logement. Pour nous, avoir ce système d’enregistrement sera un moyen de savoir qui loue, d’avoir un dialogue avec eux », souligne Sylvie Rouillon-Valdiguié.

Les hôteliers demandent plus d’équité

L’immatriculation des loueurs de meublés est applaudie des deux mains par les responsables sur secteur hôtelier toulousain qui demandait la mise en place de mesures depuis plusieurs semaines.

« C’est un bon début pour qu’un jour nous arrivions à plus d’équité fiscale, mais aussi au niveau des normes. Nous, tous les cinq ans, nous avons la visite d’une commission et nous sommes contraints. Pour l’instant, ces loueurs ne paient rien et ne sont assujettis à rien », relève Frédéric Michel, le président de la branche hôtellerie au sein de l'Union des métiers et des industries hôtelières de la Haute-Garonne.