A Toulouse, 130 enfants dorment à la rue tous les soirs selon les associations

SOCIAL Les militants du collectif inter-assocations se sont mobilisés pour demander l’ouverture de nouveaux lieux d’accueil, notamment de logements vacants, pour les familles à la rue…

Beatrice Colin

— 

Le 1er novembre 2006, des sdf dans les rues de Toulouse avant les ouvertures d'hŽbergement d'urgence.
Le 1er novembre 2006, des sdf dans les rues de Toulouse avant les ouvertures d'hŽbergement d'urgence. — Frederic Scheiber/20 Minutes
  • Il existe 943 places d’hébergement d’urgence en Haute-Garonne, soit une augmentation de 135 % en six ans.
  • Le seuil de températures qui déclenchent l’ouverture des gymnases dans certaines conditions climatiques est désormais fixé à -5 °C, contre 0°C précédemment.

« Chaque nuit, 300 personnes, majoritairement des familles avec près de 130 enfants, parfois des nourrissons, dorment à la rue à Toulouse », déplore Geneviève Genève. Cette militante du collectif Inter-associations était mercredi devant la préfecture de la Haute-Garonne où une réunion était organisée sur les mesures prises en faveur des personnes sans abri, dans le cadre du plan hivernal.

Des places créées

Les services de l’Etat ont annoncé « l’ouverture d’une dizaine de places pour hommes, femmes ou couples par l’association Emmaüs financées par l’État ainsi qu’un projet d’ouverture de 20 à 30 places pour hommes isolés, ouverture de 20 places pour femmes par la ville de Toulouse ».

Des mesures « dérisoires » pour les travailleurs sociaux, qui doivent faire face aussi à la multiplication des squats. Au cours des dix premiers mois de l’année, le 115 de la Ville rose s’est occupé d’autant de familles qu’en une année complète l’an dernier.

« Plus de 450 personnes sont prises en charge aujourd’hui à l’hôtel alors qu’habituellement à cette époque il y en a 150. La région accuse un retard sur le nombre de logements sociaux et d’hébergements d’urgence. Même s’il y a eu des ouvertures ces dernières années, ce n’est pas assez pour faire face à la précarisation », enchaîne Annne Polté, de la Fédération des acteurs de la solidarité, qui réunit plusieurs associations.

Cette dernière propose notamment la mise à disposition des locaux vacants qui existent à Toulouse, que ce soit sur le site du CHU Purpan ou encore au CEAT à Jolimont.

Les annonces de mobilisation de logements pour les plus précaires annoncées par Emmanuel Macron lors de sa venue à Toulouse en septembre dernier ne répondent pas selon eux à l’urgence des personnes sans abri.

>> A lire aussi : Macron annonce la mobilisation de 50.000 logements pour les plus précaires

« On ne peut pas mettre directement certaines personnes dans des appartements, il faut passer par une phase intermédiaire », assure un travailleur social.

Révision des niveaux de température du plan grand froid

De son côté la préfecture a rappelé qu’il existait sur le département 943 places d’hébergement d’urgence, dont le nombre a «augmenté de 135 % en
six ans», mais aussi 565 places d’hébergement d’insertion, 133 places d’hébergement de stabilisation, 3.178 places de logement temporaire ou adapté et 1.301 places dédiées à l’accueil de migrants.

Au détour de la réunion sur le plan hivernal, ses services ont aussi clairement indiqué qu’ils révisaient les seuils de température qui permettent l’ouverture des gymnases dans certaines conditions climatiques. Il sera désormais déclenché quand la barre passe les -5 °C, alors que jusqu’à présent dès zéro degré, des gymnases ouvraient leurs portes aux sans-abri.