Toulouse: Les cas de harcèlement de rue recensés sur une carte

SOCIETE A Toulouse, les victimes d’agressions et harcèlement témoignent sur les réseaux sociaux et s’organisent…

Beatrice Colin

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Une manifestation #metoo a lieu dimanche à Toulouse contre les violences et agressions sexistes.
Une manifestation #metoo a lieu dimanche à Toulouse contre les violences et agressions sexistes. — KONRAD K./SIPA
  • Une mobilisation #metoo a lieu dimanche sur les allées Jean-Jaurès de Toulouse pour dénoncer les agressions sexistes et sexuelles.
  • Depuis un an Stop Harcèlement de rue Toulouse travaille sur le phénomène et a porté des actions avec la Ligue des droits de l’Homme et Tisséo.
  • Une Toulousaine a lancé une carte interactive du harcèlement de rue pour montrer l’ampleur du phénomène.

Dimanche après-midi, dans le sillage des révélations d’agressions sexuelles perpétrées avec l’affaire Harvey Weinstein, une mobilisation aura lieu sur les allées Jean-Jaurès, à Toulouse, à 14 heures, comme dans de nombreuses autres villes de France.

Dans le cadre du mouvement #metoo, les victimes sont invitées à venir parler de leur vécu et échanger autour de ces questions.

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Ce que font déjà de nombreux Toulousains et Toulousaines sur les réseaux sociaux. Il y a un an et demi, une page Facebook Stop harcèlement de rue (HDR) Toulouse était lancé, permettant à des femmes et des hommes de livrer leurs histoires, souvent pénibles, sur le comportement de certains.

Formation et campagne à Tisséo

Loin d’être un simple recueil de témoignages, ses administratrices ont depuis pu travailler sur cette question avec la Ligue des droits de l’Homme et Tisséo. Une campagne est ainsi menée dans les transports en commun. « Un module de formation de leurs agents d’une heure a aussi été mis en place, ainsi qu’une formation pour accompagner les victimes », indique Marina de Stop Harcèlement de rue Toulouse.

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Et certains ont pu l’expérimenter le week-end dernier. « Une femme a été victime d’une agression dans le métro. Un homme lui a mis une main aux fesses devant des témoins qui sont intervenus. Le PC Sécurité a été averti et l’homme a été pris en flagrant délit. La police est alors intervenue et une plainte a été déposée », rapporte Marina qui reçoit régulièrement des témoignages.

Montrer l’ampleur du phénomène

C’est aussi le cas d’une habitante de Toulouse, auteure d’une carte participative sur le harcèlement de rue. Victime elle-même, elle s’est lancée dans cette initiative lorsqu’elle s’est rendu compte que son entourage n’avait pas conscience de ce que cela représentait au quotidien.

« L’objectif est de regrouper dans un territoire restreint les témoignages pour montrer l’ampleur du phénomène. Le but n’est en aucun cas de cartographier le harcèlement de rue, aucune réalité statistique ne pourrait être dégagée de ce travail, ni de dénoncer certains quartiers, mais d’opérer une prise de conscience sur ce phénomène invisible mais qui touche beaucoup d’entre nous. Il s’agit également de créer un lieu d’expression pour raconter, se libérer et tout cela de manière anonyme. Un safe space en
somme », explique son auteure qui préfère garder l’anonymat.

Aujourd’hui, près de 70 personnes y ont laissé leur témoignage, et on se rend compte que les quartiers du centre-ville sont très touchés.

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