Un RER à Toulouse ? Selon une étude, c'est pas pour demain

TRANSPORTS Commandée dans le cadre de l’examen des alternatives à la troisième ligne de métro, une étude montre que développer un RER toulousain sur « l’étoile ferroviaire » existante serait long et onéreux…

Helene Menal

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A la gare Toulouse Matabiau. Toulouse, FRANCE-24/09/13
A la gare Toulouse Matabiau. Toulouse, FRANCE-24/09/13 — FRED SCHEIBER
  • Une association d'usagers proposait de lancer un RER à la place de la troisième ligne de métro.
  • Une étude montre que cette solution serait plus chère et moins efficace.

La généralisation de trains cadencés pour aller au boulot, type RER parisien, va rester encore un petit moment au stade de l’utopie pour les Toulousains. C’est du moins ce que tend à prouver une étude dévoilée ce lundi par le Conseil Scientifique de Tisséo. Composé de personnalités « neutres », ce dernier a été installé pour accompagner le débat sur la troisième ligne de métro (TAE) et vérifier notamment, la pertinence des études produites.

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Ses membres ont voulu soupeser l’efficacité d’un projet alternatif proposé durant le débat public par l’Association des usagers des transports de l’agglomération toulousaine et de ses environs (Autate) : se servir de l’étoile ferroviaire qui rayonne depuis Matabiau pour desservir efficacement l’agglomération, comme c’est déjà le cas entre Colomiers et les Arènes avec la ligne C.

20 ans pour le mettre sur les rails

Bilan de la prospection confiée à deux cabinets spécialisés : un tel projet coûterait près de 3,5 milliards (contre 2,8 milliards pour la TAE) et prendrait plus de 20 ans à réaliser (contre 7). Car si l’infrastructure existe, elle accueille aussi du fret et des grandes lignes et l’investissement pour avoir des voies dédiées serait considérable. « Par ailleurs, avec l’Etoile on transporterait 50.000 personnes par jour, la troisième ligne de métro 200.000 », ajoute Patrick Vandevoorde, le président du Conseil scientifique.

Autrement dit, le RER n’est pas une alternative crédible à la troisième ligne de métro. Mais il n’est pas pour autant enterré puisqu’il est considéré comme « une piste pour compléter le projet Mobilités [la feuille de route des infrastructures] à moyen et long terme ».

Il n’en fallait pas moins que cette perspective pour contenter l’Autate. « Le RER toulousain est un jalon impératif pour l’avenir des déplacements dans l’agglomération toulousaine (…) Le train d’agglomération est nécessaire et faisable. », réagit l’association.

L’aéroport fera reparler de lui

D’ici la fin de l’année, le conseil scientifique présentera les résultats d’une étude sur l’opportunité de desservir directement l’aéroport par le métro. Les élus ont d’ores et déjà décidé d’écarter cette hypothèse. « Mais tant qu’il n’y a pas de déclaration d’utilité publique pour la TAE, soit avant fin 2018, rien n’est définitivement gravé dans le marbre », fait remarquer Patrick Vandevoorde…