VIDEO. Au Muséum de Toulouse, les taxidermistes donnent vie à l’exposition «Rapaces»

CULTURE Le Muséum de Toulouse accueille à partir de mercredi une exposition consacrée aux rapaces. Pour l’occasion, les taxidermistes ont naturalisé plusieurs animaux de proie…  

Beatrice Colin

— 

Exposition Lancer le diaporama
Exposition — B. Colin / 20 Minutes
  • Le Muséum de Toulouse possède son propre atelier de taxidermie.
  • Sur les 61 animaux naturalisés présentés lors de l’exposition, dix-huit l’ont été spécialement pour cet événement.

Faucons, grands-ducs, pygargues, buses, aigles… Des steppes d’Azerbaïdjan aux contreforts des Andes, les rapaces sillonnent les airs, suscitant admiration, dévotion et parfois suspicion.

Le muséum de Toulouse, en partenariat avec la Ligue pour la protection des oiseaux (LPO), a décidé de leur consacrer une exposition –intitulée Rapaces– à partir de ce mercredi et visible jusqu’au 29 avril prochain pour en savoir un peu plus sur leur alimentation, leur rôle au sein de la flore ou encore la façon dont ils volent au-dessus des cimes.

18 oiseaux naturalisés pour l’exposition

Les visiteurs ne pourront évidemment pas y croiser les 573 espèces recensées dans le monde, mais en admirer une soixantaine de spécimens, dont 18 naturalisés pour l’occasion par les deux taxidermistes du muséum : Agathe Bonno et Brian Aïello.

Depuis un an, ils s’affairent pour que ces oiseaux de proie soient prêts pour le jour J. Plume par plume, ils ont travaillé avec minutie pour mettre en valeur et en scène ces aigles et autres milans.

Cette exposition s’appuie sur une précédente présentée à Luchon sous l’intitulé Bec et Ongles. Elle a été enrichie avec des animaux issus des collections du muséum et qui ont fait l’objet d’une restauration. Les nouveaux rapaces naturalisés cette année proviennent d’ailleurs.

Les taxidermistes du Muséum de Toulouse lors de la préparation de l'exposition Rapaces.
Les taxidermistes du Muséum de Toulouse lors de la préparation de l'exposition Rapaces. - Nitard/Museum

« Beaucoup de dépouilles ont été récupérées auprès de l’Office national de la chasse et la faune sauvage avec qui nous avons un partenariat. Ce sont des animaux sauvages, morts souvent de manière accidentelle dans leur milieu naturel. Nous avons aussi des spécimens issus de centres de soins, notamment du Rocher des aigles à Rocamadour, comme l’aigle impérial qui est assez exceptionnel ou le vautour de l’Himalaya, âgé d’une quarantaine d’années, qui est mort de vieillesse », précise Brian Aïello.

>> A lire aussi : Cannelle endosse la peau de l'ours

Comme pour les mammifères, la peau et les plumes passent par des bains. Les squelettes eux ne sont pas conservés, hormis le crâne, le bec et les serres. Ils sont remplacés par des mannequins créés de toutes pièces.

En parallèle, les taxidermistes mènent un véritable travail d’enquêteur, pour coller au plus près avec leur sujet et leur donner la meilleure posture possible.

« Nous avons voulu illustrer le vol et la prédation animale à travers des postures dynamiques, en ayant par exemple des oiseaux suspendus ce que l’on ne retrouve pas dans les collections. Pour que ce soit réaliste, on regarde des vidéos et on s’inspire beaucoup de photos », souligne Brian Aïello qui se rend souvent en montagne pour mieux appréhender les animaux sur lesquels il travaille.

Au service taxidermie du Muséum de Toulouse lors de la préparation de l'exposition Rapaces.
Au service taxidermie du Muséum de Toulouse lors de la préparation de l'exposition Rapaces. - Nitard / Museum

Dans son atelier, des images dispersées montrent ainsi des animaux fondant sur leur proie ou l’orientation du plumage lors d’un vol. Autant de détails qui permettent à l’arrivée d’avoir des animaux plus vrais que nature, comme ce hibou moyen duc prêt à sauter sur un rat ou cette aigle impérial qui s’apprête à attraper dans ses griffes un pauvre petit lapin.