Le Stadium attendra... Pour le Stade Toulousain, la priorité est de refaire vibrer Ernest-Wallon

RUGBY La politique de délocalisation des grands matchs du Stade Toulousain au Stadium a vécu. Face à une affluence qui s’érode, le club veut d’abord remplir Ernest-Wallon…

Nicolas Stival

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L'ambiance du stade Ernest-Wallon a perdu de sa superbe ces dernières années, marquées par les résultats décevants du Stade Toulousain.
L'ambiance du stade Ernest-Wallon a perdu de sa superbe ces dernières années, marquées par les résultats décevants du Stade Toulousain. — F. Lancelot / Sipa
  • L’affiche entre le Stade Toulousain et Clermont devrait faire le plein dimanche soir.
  • Le club et les supporters essaient d’apporter un nouveau dynamisme au stade Ernest-Wallon, dont la fréquentation a pâti des mauvais résultats de l’équipe.

Un événement. Dimanche à 21 heures, Ernest-Wallon devrait faire le plein pour le choc de la septième journée du Top 14 entre le Stade Toulousain et Clermont, le champion de France, avec Thomas Pesquet en « guest star ». L’enceinte des Rouge et Noir et ses 18.784 places, selon la Ligue nationale de rugby (LNR), ne rivalise pas avec le Stadium municipal (33.150), l’habituel antre du TFC où le club a longtemps délocalisé ses plus belles affiches, pour engranger de meilleures recettes.

Mais à quoi bon déménager sur l’île du Ramier pour attirer « seulement » 23.106 spectateurs, comme la dernière fois, lors de la triste défaite face au Racing 92 (8-10), le 16 avril ? « Avant de parler du Stadium, on va déjà essayer de remplir Ernest-Wallon », lâchait ainsi Didier Lacroix fin mai, avant de prendre la présidence du directoire. Car l’écrin des Sept-Deniers, dont le club est propriétaire via l’association Les Amis du Stade Toulousain, a vu sa courbe de fréquentation coller au déclin sportif de la vénérable institution.

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« Au Stadium, il y a un parfum de grande fête, mais la priorité, c’est de redynamiser Ernest-Wallon, convient Jean-Marc Arnaud, président du Huit, le principal groupe de fans stadistes avec ses quelque 350 adhérents. Il faut que le Wallon soit archi-comble, chaud et bouillant avant d’aller voir ailleurs. » Et à l’entendre, il y a du boulot.

« Avec le Huit, nous travaillons à remettre de l’ambiance. Le public a énormément changé. Aujourd’hui, les gens viennent davantage en spectateurs qu’en supporters. Si vous avez des résultats, ça peut le faire. Sinon… Et très peu d’entre eux mettent les couleurs du club, par rapport à ce que l’on voit à Castres ou à Clermont. »

20.940 spectateurs de moyenne en 2011-2012

Les trois premiers matchs de la saison, gagnés contre Pau, le Stade Français et Agen, ont attiré entre 13.000 et 13.900 personnes. Loin des fastes du début de la décennie. En comptant, il est vrai, les délocalisations au Stadium, le club le plus titré de France et d’Europe affichait une moyenne de 20.940 spectateurs en Top 14 lors de la saison 2011-2012, celle du dernier bouclier de Brennus.

Toutefois, avant de penser à refaire systématiquement le plein, Didier Lacroix et son équipe y vont par paliers. « On sent une nouvelle dynamique avec l’animation des coursives, autour du stade, assure Jean-Marc Arnaud. Tout le monde y travaille. » Mais la reconquête passe avant tout par un bon boulot des joueurs sur le terrain. Auteur d’un début de championnat encourageant au sortir de la pire saison depuis 41 ans, le Stade Toulousain occupe après six journées la troisième place du Top 14.