VIDEO. Thomas Pesquet: «Si on va dans l'espace, c'est pour être utile aux gens»

DEBRIEFING Quatre mois après son retour du Terre, Thomas Pesquet est à Toulouse pour faire le point avec les ingénieurs du Cnes sur les expériences qu’il a menées avec succès dans l’ISS…

Helene Menal

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Thomas Pesquet, fin juillet 2017, deux mois après son retour.
Thomas Pesquet, fin juillet 2017, deux mois après son retour. — J.-M. Haedrich - Sipa
  • Quatre mois après son retour sur Terre, Thomas Pesquet poursuit sa mission scientifique avec les équipes du Cnes à Toulouse.
  • Plusieurs de ses expériences spatiales ont donné des résultats concrets.
  • Il sert toujours de « cobaye » à la science.

Lunettes de soleil, biceps d’athlètes retrouvés, quatre mois après son retour sur Terre, Thomas Pesquet n’a plus rien à voir avec l’astronaute pâlichon et sonné qui a atterri dans le désert du Kazakhstan. Mais la mission Proxima n’est pas terminée pour autant. A la minute où il est revenu, les scientifiques lui ont sauté sur le paletot. De prises de sang en tests physiques, il est depuis leur « cobaye », docile et souriant.​

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​Celui qui a régalé le grand public avec ses photos vues du ciel et ses tweets en apesanteur participe actuellement sur le site du Cnes à Toulouse à un débriefing des sept expériences « françaises » qu’il a menées là-haut. « On ne va pas l’espace pour agiter un petit drapeau bleu, blanc, rouge ou faire de belles photos, on y va pour être utile aux gens », rappelle le voyageur. Et il n’a pas lésiné sur ses heures à en croire les ingénieurs toulousains qui l’ont surveillé, soutenu, observé et chaperonné.

« Pour nous la mission est un immense succès. Nous avons obtenu des résultats bien meilleurs qu’espéré notamment parce que Thomas s’est investi au-delà de ce qui était prévu sur son temps personnel », souligne Patrice Benarroche, le responsable du Centre d’aide au développement des activités en micropesanteur et des opérations spatiales (Cadmos).

Détectter l'eau contaminée

Parmi les travaux pratiques de Thomas Pesquet, l’un a particulièrement porté ses fruits : l’expérimentation de l’Aquapad, une capsule transparente d’une solidité à toute épreuve contenant un coton simple absorbant et qui permet de savoir instantanément si l’eau est contaminée. En ces temps de catastrophes naturelles, cet outil serait précieux pour les populations touchées. « Nous sommes aussi en train de qualifier avec la Nasa un système opérationnel qui pourra être utilisé en routine sur l’ISS mais aussi sur les vols spatiaux de longue durée », explique Lucie Campagnolo, la responsable scientifique de l’ Aquapad.​

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​Thomas Pesquet a aussi longuement manipulé Echo, un appareil d’échographie de nouvelle génération. Il est manipulé par l’astronaute mais le médecin peut prendre la main en direct et à distance. Un modèle terrestre a déjà été testé entre Tours et la Guyane et la version en série est « très attendue » par les professionnels en proie aux déserts médicaux.

D’autres résultats scientifiques, notamment physiologiques, fournis par Thomas Pesquet sont en cours d’exploitation. Certains échantillons sont encore en orbite. Et même si elles vont s’espacer, les prises de sang vont continuer.