Les tueries de Merah au centre d'un procès qui s'ouvre ce lundi

JUSTICE La cour d’assises spéciale de Paris juge à partir de ce lundi deux hommes accusés d’avoir été les complices de Mohamed Merah, dont son frère Abdelkader…

B.C. avec AFP

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Le 19 mars 2012 au matin devant le collège Juif Ozar Hatorah, à Toulouse
Le 19 mars 2012 au matin devant le collège Juif Ozar Hatorah, à Toulouse — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES

Au nom du djihad, il y a cinq ans, Mohamed Merah exécutait froidement sept personnes à Toulouse et Montauban entre les 11 et 19 mars 2012, dont trois enfants au sein de l’école juive Ozar Hatorah.

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A partir de ce lundi, le frère du tueur, Abdelkader, 35 ans, ainsi que Fettah Malki, 34 ans, sont jugés par la cour d’assises spéciale pour « complicité » dans cette affaire.

Connaissance des intentions du tueur

Le premier est accusé d’avoir « sciemment » facilité « la préparation » des crimes de son frère en lui fournissant un blouson et en l’aidant à dérober un scooter utilisé lors de ses crimes. Fettah Malki, un délinquant connu des services de police, a reconnu avoir fourni à Mohamed Merah un gilet pare-balles, un pistolet-mitrailleur Uzi et des munitions utilisés par le tueur.

Tous deux nient en revanche avoir connu les intentions criminelles du tueur au scooter. Il encourt de 20 ans de prison pour Fettah Malki à la réclusion criminelle à perpétuité pour Abdelkader Merah.

Tout au long de l’instruction, les magistrats ont souligné la proximité idéologique et religieuse des deux frères et leurs contacts répétés les jours précédant les tueries. Pour eux l’accusé ne pouvait « ignorer l’orientation djihadiste de son frère qu’il avait contribué à forger ».

Premières tueries avant une longue série

Ces tueries, revendiquées par le groupe djihadiste Jund al Khalifat, affilié à Al Qaïda, sont les premières en France avant la vague d’attaques terroristes qui ont touché le pays au cours de ces cinq dernières années.

L’affaire Merah aura « cassé tous les codes préexistants », contraignant le renseignement, la police, la justice et le législateur à adapter les lois et les techniques d’investigation, a souligné le juge antiterroriste Christophe Teissier lors d’un colloque. Ce procès sera donc emblématique d’une évolution du terrorisme moderne.

«La singularité de ce procès c’est qu’il s’inscrit à un moment historique où on n’en a pas fini avec les vagues terroristes jihadistes », souligne maître Simon Cohen, représentant 160 parties civiles dont des familles de l’école juive, pour qui la justice a un rôle éducatif à jouer pour répondre « à cette forme d’activisme sanguinaire ».