Stade Toulousain: De plus en plus violent le rugby? Florian Fritz a un avis bien tranché

RUGBY Du haut de ses 33 ans, Florian Fritz reconnaît que les contacts sont de plus en plus rudes. Mais le centre toulousain n’est pas forcément convaincu par l’application du protocole commotion…

Nicolas Stival

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Le Toulousain Florian Fritz plaqué par deux joueurs du LOU lors d'un match du Top 14, le 17 septembre 2016 à Lyon.
Le Toulousain Florian Fritz plaqué par deux joueurs du LOU lors d'un match du Top 14, le 17 septembre 2016 à Lyon. — R. Lafabrègue / AFP
  • Sorti sur commotion à Toulouse, Florian Fritz revient dans le groupe du Stade Toulousain qui se déplace samedi à Brive, en Top 14.
  • Pour le centre toulousain, on est tombé d’un extrême à l’autre quant au traitement du problème des commotions cérébrales.

Le temps passe et passe et passe, et beaucoup de choses ont changé au Stade Toulousain. Après les départs ces deux derniers étés des Poitrenaud, Clerc, Dusautoir, Lamboley ou Johnston, entre beaucoup d’autres, Florian Fritz (33 ans) est l’un des doyens du vestiaire derrière Iosefa Tekori, son aîné d’un mois, et le « pigiste » David Roumieu (35 ans). « Pour l’instant, je pense toujours que ce sera ma dernière saison, même si l’envie est un peu plus là que l’an dernier », indique l’ancien international aux 34 sélections.

Mais l’heure n’est pas encore à faire le bilan, calmement. Très marqué par le cataclysmique exercice 2016-2017, le trois-quarts centre apprécie le début de renaissance du Stade, cinquième du Top 14 avant de rendre visite à Brive, lanterne rouge : « Le changement, ça profite à tout le monde. ».

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Malgré les années qui s’accumulent, le Bourguignon de naissance ne change pas, lui. S’il n’apprécie guère l’exercice médiatique, il ne vient pourtant pas devant les journalistes pour déverser de l’eau tiède. Comme lorsqu’il s’agit d’évoquer le problème de la prise en charge des commotions cérébrales… Fritz ne nie pas que le rugby actuel est plus violent que celui qu’il a pu connaître.

« Je ne suis plus tout jeune et je mets plus de temps à récupérer »

« Depuis quatre ou cinq ans, ça a pris une ampleur plus importante, observe l’ancien Berjallien, arrivé au Stade en 2004. Quand on voit les impacts, les chocs, la vitesse… Je ne suis plus tout jeune et je mets plus de temps à récupérer, ça devient de plus en plus compliqué. » Et pourtant… « C’est très bien de tout faire pour protéger les joueurs. Mais j’ai l’impression qu’on est en train de tomber dans l’extrême opposé. »

Il y a quelques années, il n’existait quasiment aucune protection [le protocole commotion a été introduit dans le rugby en 2012]. Là, nous sommes peut-être à l’autre extrémité, les joueurs sont trop protégés. Même s’il vaut mieux être trop protégé que l’inverse

Fritz maîtrise son sujet. Pas du genre à « s’échapper » sur un terrain, il a été victime de quelques KO spectaculaires, dont celui contre le Racing 92 en mai 2014, qui avait engendré une énorme polémique et entraîné un durcissement des règles autour du protocole commotion. « Au sein du staff des clubs, pas mal de monde est sensibilisé. Aujourd’hui, il y a beaucoup d’intervenants extérieurs car les arbitres et les médecins des clubs ne peuvent pas tout voir, admet le double champion d’Europe et triple champion de France. Mais j’ai l’impression qu’on va parfois nous sortir [du terrain] pour un oui ou pour un non. »

Si, pour lui, le principe de précaution est poussé à l’extrême, tout n’est toutefois pas à jeter. « On a affaire à des neurologues qui, dans la semaine qui suit la commotion, sont à même de dire si on est aptes à reprendre ou pas. Ça, c’est vraiment la plus grande évolution. »

La preuve ? Titulaire à Toulon (20-16), le 10 septembre, Fritz était sorti dès la 34e minute pour un protocole commotion, et n’était pas revenu sur la pelouse. Non retenu  face au Stade Français (53-17), le centre fera son retour samedi chez des Brivistes au pied du mur, lors d’un match qui promet d’être rugueux, selon les Toulousains. Pas de quoi déplaire au trentenaire.