Explosion d'AZF: Les associations de victimes se battent toujours pour obtenir une retransmission du verdict en direct à Toulouse

JUSTICE La cour d’appel de Paris doit rendre son ultime décision judiciaire le 31 octobre à la capitale...

Hélène Ménal

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Stèle en hommage aux victimes de la catastrophe du 21 septembre 2001 sur le site AZF
Stèle en hommage aux victimes de la catastrophe du 21 septembre 2001 sur le site AZF — A. GELEBART / 20 MINUTES
  • Toulouse commémore ce jeudi le 14e anniversaire de l’explosion d’AZF.
  • La cour d’appel de Paris doit rendre l’ultime décision judiciaire le 31 octobre à Paris.
  • Des associations de victimes se battent pour entendre et vivre ce « verdict » en direct

A 10h17 ce jeudi, les sirènes d’alerte vont à nouveau retentir dans la Ville rose pour rappeler, seize ans après, la funeste explosion de l’usine AZF. Ensuite, les associations de victimes reprendront le combat en attendant le 31 octobre, jour où la cour d’appel de Paris doit rendre sa décision sur la catastrophe.

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Trois d’entre elles - l’association des Sinistrés, celle des Familles endeuillées et le collectif Plus jamais ça ni ici ni ailleurs - espèrent obtenir, comme cela a été le cas pour les longues semaines d’audience, d’entendre et de voir en direct depuis Toulouse l’énoncé du verdict.

La cour d’appel de Paris leur a indiqué en juin que les frais de transports des parties civiles qui souhaitent assister au délibéré à Paris seraient pris en charge mais que le dispositif vidéo ne serait pas reconduit. La juridiction avance « des raisons techniques, matérielles et de budget » et précise à 20 Minutes que la décision sera « très courte » et n’inclura pas la lecture des motivations de la cour.

Un appel à la garde des Sceaux

« Après seize ans d’attente, l’absence de retransmission est impensable et inadmissible pour les victimes », s’insurge Pauline Miranda, la présidente de l’association des sinistrés du 21 Septembre. « Déplacer un procès, c’est déjà le retirer aux victimes, les évacuer. Les gens se sentent exclus », estime Stella Bisseuil, l’avocate de l’association des Familles endeuillée. La juriste ne fait pas du verdict en direct un casus belli mais elle y voit une « nouvelle illustration du centralisme à outrance à l’œuvre dans la justice »…

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Les associations ne s’avouent pas vaincues. Elles veulent leur direct et ont obtenu du maire, Jean-Luc Moudenc (LR), la mise à disposition d’une salle pour le 31 octobre. Symboliquement, ce sera la salle associative construite sur le site dévasté d’AZF. Elle peut contenir 160 personnes debout. « Ceux qui seront à Paris ouvriront leurs portables pour que ceux qui seront à Toulouse entendent », explique Pauline Miranda.

Le « sans image » est le scénario du pire et il reste « quarante jours pour faire du bruit ». Le 12 septembre, un courrier a été envoyé à la garde des Sceaux, Nicole Belloubet, pour débloquer la situation. Il reste à ce jour lettre morte. « Elle est Toulousaine, elle peut nous comprendre », espère toutefois Pauline Miranda.