Levothyrox: Des avocats lancent une procédure collective pour obtenir une indemnisation rapide

SANTE Trois avocats toulousains hyperconnectés ont pour stratégie d’attaquer au civil afin d’obtenir une indemnisation rapide pour les patients déboussolés…

Helene Menal

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Une boîte de Levothyrox. Illustration
Une boîte de Levothyrox. Illustration — SIPA
  • Dans l’affaire du Levothyrox, trois avocats lancent une procédure collective pour obtenir des indemnisations au civil.
  • Ils attaquent sur le « défaut d’information » et le « préjudice d’angoisse »
  • Les plaignants peuvent déposer leur dossier en ligne.

« Je n’arrive même plus à faire le ménage. » Danièle, une septuagénaire toulousaine, sous Levothyrox depuis quatorze ans, cumule les pépins de santé depuis le printemps. Elle a commencé par les bouffées de chaleur en avril, a enchaîné sur un diagnostic de tendinite au poignet puis de scoliose pour ses douleurs au dos.

Elle avait bien remarqué que sa boîte de médicaments avait changé de couleur mais - comme les autres patients - elle n’a fait le lien que très récemment entre son état et les effets secondaires d’une nouvelle formule du Levothyrox dont elle ne soupçonnait même pas l’existence.

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Deux préjudices génériques

C’est sur ce « défaut d’information » de la part des laboratoires Merck - que des milliers de témoignages accréditent - que les avocats toulousains Christophe Lèguevaques, Romain Sintès et Sophie Descat ont décidé de lancer une « action collective conjointe ». Pas au pénal, mais au civil. « La procédure pénale réserve des surprises qu’on ne maîtrise pas, observe Christophe Lèguevaques, qui a défendu avec Romain Sintès les Irradiés du CHU de Rangueil. Elle peut durer cinq à dix ans, avec une indemnisation qui n’arrive qu’à l’issue, si cette dernière est favorable. »

« Pour ne pas être malade, on avale un cachet dont on sait qu’il va vous rendre malade. »

L’idée est donc de déconnecter les indemnisations d’une éventuelle instruction pénale en optant pour des préjudices « génériques » pour lesquels ils veulent demander en tout 10.000 euros d’indemnisation : l’obligation d’information donc et « le préjudice d’angoisse ».

« L’angoisse qu’on vit quand, pour ne pas être malade, on avale un cachet dont on sait qu’il va vous rendre malade », résume Sophie Descaut, bien placée pour décrire cette angoisse puisqu’elle est elle-même sous Levothyrox et a attribué ses soudaines crampes estivales à d’autres événements de sa vie.

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Les patients invités à s'inscrire sur le site MySmartCab

L’approche juridique originale, et qui n’exclut pas une procédure pénale postérieure, se double d’une démarche numérique. Les patients tentés sont en effet invités à s’inscrire en ligne sur le site MySmartCab. Tout en préservant l’anonymat des dossiers et le contact direct avec l’avocat, il sert aussi de plateforme communautaire pour l'échange d’informations, voire d’investigation. Le prix de la procédure est lui aussi forfaitaire : 96 euros.

Le coup d’envoi a été donné ce mardi à 15 heures. Trois heures après, 64 dossiers avaient déjà été déposés. L’objectif est de saisir la justice civile le 1er décembre.