Top 14: La résurrection du Stade Toulousain? Voici quatre bonnes raisons d'y croire

RUGBY A la peine depuis plusieurs saisons, le Stade Toulousain affiche des arguments qui laissent croire à un renouveau dans un Top 14 très concurrentiel…

Nicolas Stival
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Antoine Dupont inscrit l'essai du Stade Toulousain lors du match de Top 14 contre Toulon, le 10 septembre 2017 au stade Mayol.
Antoine Dupont inscrit l'essai du Stade Toulousain lors du match de Top 14 contre Toulon, le 10 septembre 2017 au stade Mayol. — A.-C. Poujoulat / AFP
  • Le recrutement toulousain, a priori malin, pourrait aider le club à jouer de nouveau les premiers rôles.
  • L’équipe semble enfin posséder des buteurs fiables, essentiels pour postuler aux phases finales.

Le déclin du Stade Toulousain a démarré bien avant le départ de son chaman Guy Novès pour le XV de France, en 2015. Depuis 2012 et le dernier Bouclier de Brennus rangé dans l’armoire, le club le plus titré de France est peu à peu rentré dans le rang, avant de carrément sombrer à une indigne douzième place du Top 14 la saison dernière.

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Sur le terrain comme dans les bureaux, les Rouge et Noir ont bien changé cet été. Et à 20 Minutes, nous pensons que cette mutation va porter ses fruits, dans la foulée d’un début de saison plutôt encourageant (nul à Oyonnax, victoire contre Pau, défaite bonifiée à Toulon)…

Un recrutement alléchant

Un supporter toulousain brutalement réveillé d’une cryogénie de deux ans ne reconnaîtrait plus son équipe. Exit les glorieux anciens (Dusautoir, Albacete, Clerc, Poitrenaud, Lamboley…) et bienvenue aux jeunots (Ramos de retour de prêt, Dupont, Kolbe), aux valeurs sûres du Top 14 (Holmes, Pointud, Madaule), et à un champion du monde All Black (Faumuina).

La mue fut douloureuse mais elle semble prometteuse. Moins à l’aise à l’arrière dimanche à Toulon, l’électrique Sud-Africain Cheslin Kolbe avait brillé sur l’aile lors des deux premières journées, alors que l’immense Espoir Antoine Dupont, déjà international à 20 ans, a semé de nouvelles promesses de lendemains qui chantent à la mêlée pour sa grande première dans le Var.

Enfin un buteur fiable

De bons résultats juste frôlés à cause de la maladresse d’un buteur, alors que le pack avait fait le boulot ? Le Stade Toulousain les a accumulés ces dernières années. Le retour de Thomas Ramos, meilleur réalisateur de Pro D2 avec Colomiers la saison dernière avec 347 points, et le recrutement de Zack Holmes sont censés gommer ce souci.

Titulaire lors des deux premières journées, Ramos a passé dix de ses onze tentatives. Ménagé à Toulon, il a été suppléé avec bonheur par Jean-Marc Doussain (100 % de réussite), pourtant souvent malheureux, comme Sébastien Bézy, par le passé. Comme quoi, l’émulation a du bon.

Une nouvelle dynamique au sein du club

Après deux saisons compliquées, l’entraîneur principal Ugo Mola, parfois contesté, a sauvé sa tête à l’intersaison, à la différence de Jean-Baptiste Elissalde, en charge des arrières. Quant à l’organigramme, il a eu droit à un sérieux lifting, avec la nouvelle affectation de Fabien Pelous et le retour d’anciens comme Thomas Castaignède, Emile Ntamack ou Clément Poitrenaud.

Mais c’est tout en haut de la pyramide que le changement majeur s’est produit. En place depuis 1992, René Bouscatel (71 ans) a laissé la place à Didier Lacroix, de 24 ans son cadet. Il est bien trop tôt pour juger de l’action du nouveau président du directoire, mais les premières actions (création d’événements comme le derby amical avec Colomiers, nouvelle politique tarifaire) témoignent de la volonté de se rapprocher d’un public qui snobait de plus en plus Ernest-Wallon ces dernières années.

Un calendrier « allégé » par la force des choses

Pour la première fois depuis la création de l’épreuve, en 1996, le Stade Toulousain ne participera pas cette saison à la « grande » Coupe d’Europe, suite à son dernier championnat cataclysmique. Et si c’était un mal pour un bien, quand on est une équipe convalescente à l’effectif moins fourni que ses concurrentes, malgré une jeunesse dorée qui pousse (Romain Ntamack, Florian Verhaeghe) ?

Tandis que les joueurs de Clermont, Toulon, Montpellier et du Racing 92 laisseront de l’énergie et peut-être une partie de leur intégrité physique dans les âpres luttes de la Champions Cup, les Stadistes disputeront le Challenge européen. Une épreuve mal aimée des clubs français, qui en profitent souvent pour reposer leurs cadres et envoyer les « gamins » et les pros en manque de temps de jeu. Idéal pour récupérer avant de retrouver le Top 14. Et pousser l'aventure jusqu'aux phases finales…