#20MINUIT. Toulouse: Le métro est-il devenu le boute-en-train des nuits toulousaines?

TRANSPORT FESTIF Depuis deux ans, le métro de la Ville rose s’est mis à rouler la nuit le week-end, et il est de loin « l’établissement » le plus fréquenté. Ses insomnies ont changé la nuit toulousaine…

H. M. et B. C.

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Une usagère qui composte la nuit. Illustration
Une usagère qui composte la nuit. Illustration — FRED SCHEIBER / 20 MINUTES
  • La prolongation des horaires du métro le week-end connaît un franc succès.
  • Les professionnels et les usagers y voient un vrai plus pour la sécurité.
  • Des Toulousains veulent aller plus loin.

20 Minutes est partenaire de la Conférence nationale de la vie nocturne qui se tient à Paris, jeudi et vendredi. A cette occasion, nous avons décidé de nous intéresser aux activités, pratiques, modes de consommation, etc. liés à la nuit.

Voilà deux ans que les Toulousains, les étudiants surtout, ont arrêté de jouer les Cendrillon et de quitter les soirées à minuit pour attraper le dernier métro. Désormais, les soirs de week-end, le VAL veille lui aussi jusqu’à plus de trois heures du matin. Et il ne s’ennuie pas.

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Car selon Tisséo, 3,38 millions de noctambules ont validé en deux ans dans le créneau minuit-3h00 du matin, 1,66 durant les six premiers mois de cette année. Le nombre de validations est de 15.000 par nuit en moyenne. Un vrai hit qui, s’il n’a vraiment changé la géographie de la fiesta et fait naître de nouveaux spots, a forcément métamorphosé les nuits toulousaines. Et pas de façon souterraine.

Un plus pour la sécurité

« Les clients des bars sont ravis, ils ne traînent plus dans la rue en attendant le premier métro à 5 heures du matin, ça a vraiment participé à la sécurité », relève Ivo Danaf, le président de l’Union des métiers de l’industrie de l’hôtellerie par ailleurs propriétaire de la discothèque Le Purple. Le spécialiste n’a pas constaté d’effet pervers, du type « y a le métro, alors je bois plus que de raison. « La mesure profite surtout aux étudiants qui ne se déplaçaient déjà pas en voiture avant », affirme-t-il.

« C’est évident que cette mesure change la vie en termes de sécurité. Inciter les gens qui sortent à utiliser les transports, c’est évidemment les protéger », juge Pauline Broqua du collectif Bonjour la nuit.

Créé il y a un an, il compte 1.200 adhérents, éloignés du profil de l’étudiant bringueur, qui s’intéressent à la vie nocturne comme « lien social », en sortant du « focus » fait sur la fête et ses nuisances. Alors, certes, pour eux le métro est un bon point. « Mais la nuit n’est pas réservée à un public festif. Notre idée est de promouvoir une accessibilité plus large en termes de services publics, de crèches pour les parents aux horaires décalées, de santé », précise Pauline Broqua.

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Un début seulement ?

Au Bar à la Une, un établissement branché de La Roseraie, situé pas très loin d’une station, l’effet métro n’est pas évident. « Pour nos clients, cela n’a pas changé grand-chose. Par contre l’arrivée d’Uber oui. Ils sont désormais nombreux à rentrer avec », confie Sam, la responsable. Pour Julien en revanche, qui officie au bar, le changement est appréciable. « C’est plus pratique pour moi, raconte-t-il. Je peux le prendre pour venir au boulot mais surtout pour rentrer après. »

Et peut-être un jour encore plus tard. Au moment du lancement des prolongations horaires du métro, le maire, Jean-Luc Moudenc, avait demandé une étude pour une ouverture 24h sur 24 le week-end. « Elle est toujours en cours. L’idée n’est pas abandonnée », assure Tisséo.