Pollution lumineuse: A Toulouse, haro sur les halos illégaux des commerces

ENVIRONNEMENT Dans le cadre de la lutte contre la pollution lumineuse, France Nature Environnement va sensibiliser cette semaine les 92 commerces toulousains qui ne respectent pas la réglementation sur l’éclairage nocturne des vitrines…

Béatrice Colin
— 
Toulouse la nuit.
Toulouse la nuit. — Adrien Duquesnel
  • Un arrêté de 2013 impose aux commerçants d’éteindre leurs vitrines entre 1 heures et 7 heures du matin.
  • France Nature Environnement va mener une campagne de sensibilisation des 92 commerçants ne respectant pas l’arrêté de 2013 réglementant les mesures en matière de pollution lumineuse.
  • En deux ans, la consommation d’énergie pour l’éclairage public de la ville de Toulouse a baissé de 12 %.

La nuit, du Pic du Midi, lorsqu’on fixe l’horizon nord-est, on repère facilement le halo de la ville de Toulouse, à 129 km de là. Cette pollution lumineuse, France Nature Environnement a décidé de s’y attaquer. Au début de l’été, l’association s’est baladée en ville pour repérer les commerces dont les vitrines continuaient à être éclairées après une heure du matin.

92 commerces dans l’illégalité

« Entre le Capitole, la rue Saint-Rome ou la rue Alsace, nous en avons comptabilisé 92. Or il y a un arrêté datant de 2013 qui impose l’extinction des lumières des vitrines au plus tard à une heure du matin sous peine d’une amende maximale de 750 euros », explique Emilie Marsaud, chargée de mission à France Nature environnement Midi-Pyrénées.

Une réglementation non appliquée « certainement par méconnaissance », estime la militante qui va aller mardi après-midi à la rencontre des principaux intéressés pour faire de la pédagogie.

>> A lire aussi : Pollution lumineuse: Un tiers de l'humanité ne peut voir la Voie Lactée

Avec des bénévoles, elle parcourra les rues du centre-ville dans la nuit de vendredi à samedi pour savoir si cela a porté ses fruits et si les commerçants ont éteint leurs vitrines entre 1 heures et 7 heures du matin. « L’éclairage urbain en France est équivalent en terme de consommation énergétique de la production annuelle d’un réacteur nucléaire. A l’heure où on parle d’économies d’énergie, cette action est l’occasion de sensibiliser et informer les Toulousains », plaide Emilie Marsaud.

Pour ne pas limiter son action aux commerces, FNE a envoyé un courrier à la mairie, chargée de faire appliquer l’arrêté de 2013.

Courrier aux commerçants

« Un courrier à l’attention des commerçants est en préparation pour leur rappeler leurs droits et devoirs, que ce soit sur cette question ou celle des enseignes par exemple. La plupart du temps, sur la question de l’extinction des vitrines, ils sont de bonne foi. Si nous observons un non-respect volontaire, nous passerons à une forme plus coercitive », explique de son côté Emilion Esnault, conseiller municipal délégué à l’éclairage public.

Pour l’élu, la Ville a déjà fait des efforts pour diminuer la pollution lumineuse. « Notre consommation a baissé de 12 % au cours des deux dernières années. Avec l’utilisation de led, nous consommons moins et les lampadaires sont désormais orientés pour éclairer le bas et pas le ciel. Nous avons aussi 1.000 points lumineux qui s’éclairent lorsqu’ils détectent une forme », détaille ce responsable.

>> A lire aussi : Toulouse: L'arrivée des lampadaires intelligents

Selon un bilan dressé par l’Association nationale pour la protection du ciel et de l’environnement nocturne, la Ville rose fait partie des métropoles françaises où la réglementation sur la pollution lumineuse est le mieux appliquée avec seulement 17 % de sites non conformes. Après la mobilisation de FNE, ce chiffre pourrait encore chuter.