Toulouse : Le projet de gratte-ciel leur donne le vertige, ils jouent les poils à gratter

URBANISME La Tour d’Occitanie et ses 150 mètres de haut en plein centre-ville ne donnent pas des rêves de grandeur à tout le monde. Un collectif d’habitants s’oppose au gratte-ciel, avec une pointe d’humour…

Hélène Ménal
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La Tour d'Occitanie doitêtre livrée en 2021-2022.
La Tour d'Occitanie doitêtre livrée en 2021-2022. — Studio Libeskind - Compagnie de Phalsbourg
  • Haute de 150 mètres et de 40 étages, la tour d’Occitanie doit dominer en 2022 le quartier d’affaires de Matabiau.
  • Un collectif de riverains et d’experts s’oppose au gratte-ciel, de façon à la fois humoristique et constructive.
  • Il veut susciter le débat sur un projet jugé démesuré.

Une tour végétalisée de 40 étages qui pointe fièrement vers le ciel de la capitale de l’aéronautique. L’annonce, en mars 2017, de l’érection du premier gratte-ciel de Toulouse près de la gare Matabiau a été présentée par le maire, Jean-Luc Moudenc (LR), comme « un signal architectural » donné à toute l’Europe.

Mais, plus près, certains l’ont perçu de façon plus terre à terre : « Quand j’ai vu les images, j’ai eu l’impression de recevoir comme un coup de pied dans le ventre », raconte Richard Mebaoudj, qui habite le secteur de la rue Bayard.

Susciter le débat

Il fait partie des riverains « surpris » par le projet pour ne pas dire effrayés de se retrouver dans l’ombre de la tour. Il est aussi devenu mi-juin l’un des porte-parole du collectif « Non au gratte-ciel de Toulouse », qui ambitionne de se constituer en association et revendique pour l’heure quelque 250 adhérents, « riverains et experts ».

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​Et le phare du futur quartier d’affaires de Matabiau les laisse de marbre. « Nous craignons une hausse des loyers et une perte de convivialité. Toulouse est une ville dynamique et moderne mais pas une mégalopole de 15 millions d’habitants, elle n’a pas besoin d’un gratte-ciel », argumente Richard Mebaoudj. Il est surtout surpris qu’un projet d’une telle dimension soit envisagé sur une petite parcelle « coincée entre la gare et le Canal du Midi et dans un endroit déjà très congestionné ».

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​Au début de l’été, le collectif a commencé par ironiser sur Facebook en mode humour sur ce soudain besoin « érectile ». « Mais nous compulsons les dossiers, rassemblons des données pour créer le débat et susciter des forums », souligne le porte-parole. Plus aucune catastrophe dans la moindre tour du monde ne leur échappe.

​Car le principal grief des opposants est « l’absence de concertation avec le grand public » avant la décision. « Ce projet a été traité comme un dossier immobilier ordinaire », relève le collectif. La Tour d’Occitanie est un projet privé : le terrain appartient à la SNCF et son constructeur est la Compagnie de Phalsbourg. Mi-juillet Jean-Luc Moudenc indiquait s’être assuré auprès du promoteur « qu’une concertation approfondie serait conduite pour que les Toulousains, et les riverains du site en particulier, soient associés au projet, dans une démarche d’écoute et de pédagogie ».

Mieux vaut tard que jamais. Les opposants comptent bien se montrer à la hauteur.