Toulouse: Des étudiants imitent le crocodile pour s'attaquer au choléra

SCIENCES Le crocodile est immunisé contre le choléra. Des étudiants toulousains et lyonnais tentent de reproduire son mécanisme de défense pour venir en aide aux populations touchées…

Helene Menal

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Un crocodile, ici aux Etats-Unis. Illustration.
Un crocodile, ici aux Etats-Unis. Illustration. — Kike Calvo - KCA superstock Sipa
  • Une équipe d’étudiants de Toulouse et Lyon concourra en novembre à l’iGEM de Boston, un prestigieux concours de biologie moléculaire.
  • Son défi est de reproduire la molécule qui permet au crocodile d’être immunisé contre le choléra.
  • Le choléra provoque entre 21.000 et 143.000 décès par an dans le monde.

Le crocodile a des qualités insoupçonnées. Notamment celle de se prémunir contre le choléra qui glisse sur lui comme sur les plumes d’un canard. A l’heure où cette maladie tue chaque année des dizaines de milliers de personnes qui n’ont pas accès à un réseau d’eau dépollué, des étudiants toulousains et lyonnais ont décidé de l’imiter et de reproduire en laboratoire cette capacité immunitaire inédite.

Avec son projet « crocodile », l'équipe est en lice pour l' iGEM 2017, le prestigieux concours de biologie synthétique organisé par le Massachusetts Institute of Technologies (MIT) qui se tiendra à Boston du 9 au 13 novembre 2017.

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Neuf étudiants en tout sont sur la brèche : quatre sont issus de l'université Paul-Sabatier, trois de l' Insa Toulouse, deux de l' Insa Lyon. Et, pour eux pas d’été à la plage, ni de maillot de bain. Ils sont restés en blouse blanche dans la Ville rose, penchés sur leurs paillasses et leurs microscopes.

Un sachet ingénieux

« Grâce au génie génétique nous voulons reproduire en laboratoire les molécules de défense présentes naturellement chez le crocodile », explique Margaux Poulalier-Delavelle, membre de l’équipe. De tâtonnements en mécano moléculaire, l’idée est d’introduire dans un sachet une bactérie modifiée et non pathogène capable de détecter la bactérie responsable de la maladie puis de transmettre l’information à une levure.

Grâce à ces réactions en chaîne, le sachet se transforme en mini-usine à lutter contre le choléra. Une solution plutôt simple d’utilisation et adaptée à des petits villages, touchés par des conflits ou des catastrophes naturelles.

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L’équipe iGEM 2017 est déjà en contact avec des entreprises toulousaines spécialisées dans le traitement des eaux. Elle s’apprête à lancer un appel au financement participatif sur la plateforme Ulule pour peaufiner son concept. Et dans le marigot scientifique de Boston, elle vise la médaille d’or.