Toulouse: Mais c'est quoi cette manie de s'incruster dans les piscines des autres ?

SOCIETE La chaleur aidant, à Toulouse, les habitants des résidences privées sont confrontés à une vague d’intrusions en bande dans leur piscine et la police est parfois débordée…

Helene Menal

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Une piscine privative. Illustration.
Une piscine privative. Illustration. — west coast surfer - Moo - Rex - Sipa
  • Squatter les piscines des résidences est devenu un sport local à Toulouse
  • En fonction de la météo, il y a des jours où le 17 reçoit des dizaines d’appels
  • L’intrusion est souvent le fait de mineurs, filles et garçons, qui agissent en bande

Ils sont jeunes, se promènent en bande, courent vite et enjambent les clôtures sans problème. En plus, ils ont chaud, très chaud en ce début d’été. Alors, pour se rafraîchir, ils s’incrustent dans les piscines, plus précisément celle des résidences sécurisées, assez grandes puisqu’à la disposition de tous les locataires.

A Toulouse et dans sa banlieue, très touchées par le phénomène, il y a des jours où la police reçoit plusieurs dizaines d’appels : « Le phénomène arrive par vague depuis plusieurs années, en fonction de la météo, indique Grégory Hemous du syndicat de police Alliance. Parfois, ils font un simple plouf mais parfois ça dégénère ».

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« Parfois davantage de filles que de garçons »

Le 4 juillet, dans une résidence du quartier de la Croix-Bénite, au nord de la Ville rose, l’affaire a tourné au vinaigre. Sept jeunes gens, non contents de squatter, ont menacé de mort trois habitantes qui leur demandaient de partir. Cette fois, ils ont fini en garde à vue.

Mais ce n’est pas un gage de tranquillité pour les habitants. « Le phénomène est quasiment quotidien, témoigne une mère de famille de la résidence. Ils rentrent par un portail qui a été cassé et qui par conséquent reste ouvert ». Elle a renoncé à se baigner avec ses enfants. « De toute façon la piscine a été vandalisée ». Quand elle fonctionne, la Toulousaine reconnaît souvent les mêmes visages parmi les intrus. « Il y a parfois davantage de filles que de garçons », remarque-t-elle.

Contrôles d’identité

Quand la police intervient, appelée par les gardiens ou « par grappes » par les résidents, plusieurs cas de figure se présentent. « Comme ils agissent en mode furtif et qu’ils sont agiles, ils sont parfois déjà partis quand nous arrivons », raconte Didier Martinez, le secrétaire du syndicat SGP-Unité Police.

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Quand les baigneurs se font pincer, comme le 5 juillet dans une résidence du centre de Tournefeuille, la patrouille procède à un contrôle d’identité et les prie de quitter les lieux. « Le fait qu’ils soient souvent mineurs complique les procédures », reconnaît Didier Martinez. Le policier considère que désormais le squat de piscine fait partie des « missions estivales quotidiennes », au même titre que les plaintes pour tapage nocturne parce que les gens dorment les fenêtres ouvertes, ou que les coups de sang entre voisin. C’est devenu quasiment un sport local, difficile à endiguer.