Toulouse: Un médecin en garde à vue suspecté d’avoir détourné 420.000 euros

ARNAQUE Le praticien, dont le cabinet est situé à Toulouse, est suspecté de s'être fait rembourser des consultations factices en utilisant les numéros de cartes Vitale de patients... 

Caroline Politi

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Illustration d'une consultation chez le médecin
Illustration d'une consultation chez le médecin — Baleydier/SIPA

L’alerte est venue en février 2016 de la caisse d’assurance maladie (CPAM) de Haute-Garonne. Selon les informations de 20 Minutes, un médecin généraliste toulousain a été interpellé mardi pour « escroquerie aggravée » et « complicité de faux et d’usage de faux ». Le praticien, âgé de 45 ans, est suspecté d’avoir détourné 420.000 euros entre le 1er janvier 2013 et le 3 mars 2016, en se faisant rembourser des consultations factices. Il devrait être présenté dans l’après-midi à un juge en vue d’une possible mise en examen.

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La CPAM a été alarmée par le nombre exorbitant de consultations que déclarait quotidiennement ce médecin à la tête d’un cabinet à Toulouse. Jusqu’à 115 certains jours. Alors qu’en moyenne, les consultations chez un généraliste durent 16 minutes, les siennes tournaient plus généralement autour de sept minutes. « Dans 50 % des cas, elles n’excédaient pas les cinq minutes », précise le commissaire Kévin Gutter, chef de la sûreté départementale de Toulouse, qui a coordonné les investigations menées par la brigade de répression de la délinquance astucieuse.

Suspecté d’avoir utilisé les numéros de cartes Vitale de patients sous CMU

Pour s’enrichir, le praticien est suspecté d’avoir facturé des consultations factices, parfois majorées par un tarif de nuit. Pour plus de discrétion, il aurait utilisé le numéro des cartes Vitale de patients sous le régime de la CMU (couverture médicale universelle) qui étaient déjà venus le voir. « Seul le médecin est bénéficiaire du remboursement pour les patients sous CMU », précise le commissaire. Une dizaine de patients, dont le numéro de sécurité sociale a été usurpé, ont été entendus par les enquêteurs : tous auraient assuré ne pas reconnaître leur signature sur la feuille de soins. Entendue comme témoin, la secrétaire du praticien a été libérée sans qu’aucune charge ne soit retenue à son encontre.

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Le groupe d’intervention régional de Midi-Pyrénées a été co-saisi sur le volet patrimonial de l’enquête. Estimée à 400.000 euros, la résidence du suspect, dans les environs de Toulouse, a été saisie au titre des avoirs criminels.