Toulouse: La marche des musulmans contre le terrorisme s’achève symboliquement à Ohr Torah

SOCIETE Lancée à Paris le 8 juillet, la marche des musulmans contre le terrorisme s’est achevée à Toulouse au lycée juif que Merah avait attaqué…

Beatrice Colin

— 

Les imams de la marche des musulmans contre le terrorisme ont terminé leur tournée au lycée juif Ohr Torah, à Toulouse, où Mohamed Merah a assassiné 3 enfants et un adulte.
Les imams de la marche des musulmans contre le terrorisme ont terminé leur tournée au lycée juif Ohr Torah, à Toulouse, où Mohamed Merah a assassiné 3 enfants et un adulte. — B. Colin / 20 Minutes
  • Une trentaine d’imams se sont recueillis au sein du lycée juif d’Ohr Torah et ont récité une prière, une première dans cet établissement touché par l’attaque terroriste de Mohamed Merah en 2012
  • Peu de personnes étaient présentes pour accueillir les imams dont l’initiative n’a pas été soutenue par l’ensemble de la communauté musulmane

Ils sont passés par Paris, Bruxelles, Saint-Etienne-du-Rouvray, avant de terminer ce mercredi leur Marche des musulmans contre le terrorisme au lycée juif toulousain Ohr Torah, là où Mohamed Merah a assassiné le 19 mars 2012 trois enfants et un adulte.

A bord du bus qui a parcouru 4.000 km à travers l’Europe, une trentaine d’imams, dont celui de Drancy, Hassen Chalghoumi.

>> A lire aussi : Cinq ans après, Toulouse a rendu hommage aux victimes de Merah

Il est, avec l’écrivain Marek Halter, à l’initiative de ce périple dont le but est de lutter contre les amalgames tout en portant une parole qui peine à se faire entendre.

Pas de représentants locaux de la communauté musulmane

« On essaie de donner une flamme d’espoir. Lundi, nous étions au Bataclan et à l’Hyper Cacher. Nous sommes face à un ennemi qui n’a pas de visage, Daesh veut nous séparer, nous donnons l’image inverse », plaide le très médiatique imam de Drancy, loin de faire l’unanimité au sein de la communauté musulmane.

Aucun de ses membres toulousains n’avait d’ailleurs fait le déplacement pour accueillir les représentants religieux. A l’instar du Conseil français du culte musulman, certains ont fait même savoir qu’ils ne soutenaient pas cette initiative. « Je ne comprends pas cette absence, quand on condamne l’horreur et qu’il y a des initiatives, il faut les soutenir. Parfois, pour certains, c’est très difficile de franchir le pas à cause de leurs bases », relève Franck Touboul, le président régional du conseil représentatif des institutions juives.

« Un premier pas, pas une révolution »

Si ce rendez-vous était placé sous haute sécurité, il avait aussi été « peu relayé » déplore de son côté une Toulousaine. « C’est un premier pas, ce n’est pas une révolution. Je crois beaucoup à ces gestes symboliques », a insisté pour sa part Marek Halter.

« Chaque geste est important, on n'a jamais eu la prétention de changer le monde. Ici localement, il existe un vrai dialogue interreligieux, on se retrouve une fois par mois, nous avons réalisé un voyage au Maroc l’an dernier, nous avons été accueillis à la fin du ramadan à la mosquée du Château », insiste le rabbin de Toulouse, Harold Avraham Weill, qui vient d’être nommé à Strasbourg après sept années passées à Toulouse.

C’est en tout cas à Toulouse que cette marche a pris fin. Initialement, ses initiateurs avaient prévu de se rendre à Nice, là où le terrorisme a fait 86 morts et 458 blessés il y a un an. Mais pour des questions de sécurité, leur venue a été annulée. « Nous devrions être reçus à l’Elysée le matin même par le président de la République, assure Marek Halter. Nous n’y allons pas cette fois-ci, mais nous allons trouver une autre occasion. »