Toulouse: Une start-up a trouvé le filon pour recycler les coquilles d'huîtres (et c'est pas des cendriers)

PLANETE Une start-up toulousaine versée dans le zéro déchet récupère les coquilles d’huîtres pour en faire de l’engrais bio…

Hélène Menal

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Une coquille d'huître. Illustration.
Une coquille d'huître. Illustration. — PixaBay
  • Les coquilles d’huître constituent un fertilisant naturel
  • Une start-up toulousaine les récupère et les fait broyer
  • Elle lance un crowdfunding pour commercialiser dès l’automne ses produits bio auprès des agriculteurs et des jardiniers du dimanche

A part les cendriers comme Zézette dansLe Père Noël est une ordure, à première vue difficile de trouver des débouchés à une coquille d’huître vide. Mais, à Toulouse, à défaut d’avoir la mer, on a des idées. La start-up Providentiel coquillages, basée à Ramonville, a décidé de donner une seconde vie aux déchets « coquilliers ».

Elle s’inspire d’une pratique ancestrale dans les campagnes qui consiste à jeter aux poules les coquilles d’huîtres. Pas pour leur faire partager les restes du réveillon, mais parce que les oligo-éléments leur permettent de renforcer leur ossature et de durcir la coquille de leurs œufs. C’est en discutant avec un cousin qui se livrait à cette insolite distribution dans sa basse-cour que Daniel Moukoko a vu tout le potentiel des déchets d’huîtres.

Agriculture bio, poules et potagers

Il a convaincu deux amis, Jean-Louis Clément, spécialiste des épiceries solidaires, et Gaëtan Leguay, diplômé en commerce, de se lancer dans l’aventure du recyclage. Car les coquilles d’huîtres peuvent aussi servir de fertilisant pour l’agriculture biologique. « Elle a la faculté de faire remonter naturellement le PH des sols acides », explique Daniel Moukoko. Alors que pour l’heure, les viticulteurs utilisent des épandages de chaux, avec la pollution qui va avec, pour arriver au même résultat.

David Calmet, un viticulteur du Gaillacois, a donné son accord pour expérimenter le concept. « Plus c’est acide, moins ça pousse. Alors comme j’ai l’habitude faire toutes sortes d’essais, je demande à voir », indique-t-il.

L’idée de la start-up est de commercialiser des coquilles concassées, en poudre ou écailles, pour les agriculteurs mais aussi en petits sachets pour le paillage dans les potagers des particuliers ou ceux qui auraient envie de donner un coup de fouet à leur poulailler.

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Pour le gisement, les trois Toulousains se sont évidemment tournés vers la mer, plus précisément vers les ostréiculteurs de l’ étang de Thau et de Port-Leucate. Huîtres mortes ou pas au calibre, ils se retrouvent avec des tonnes de coquilles sur les bras. Ils paient même pour les éliminer ce qui aboutit bien souvent à les enfouir. Tandis que Providentiel Coquillages propose désormais de les leur acheter.

Financement participatif

La start-up passe par un intermédiaire sur place pour le broyage et le séchage. Pour les trois amis – qui nourrissent aussi l’espoir d’une gamme de produits cosmétiques – l’ultime étape à franchir est celle du conditionnement.

Ils ont lancé un appel au financement participatif sur la plateforme MiiMOSA pour acheter leur ensacheuse. L’objectif est de commercialiser les sachets dès l’automne et pas quand les poules auront des dents.