Tour de France: De jeunes Toulousains militent pour un départ d’étape dans leur quartier

CYCLISME Née dans le quartier populaire de Bagatelle, à Toulouse, l’association Média-Pitchounes veut obtenir un départ d’étape du Tour de France…

Nicolas Stival

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La caravane du Tour de France 2017 lors de l'arrivée a Longwy, en Meurthe-et-Moselle, le 3 juillet 2017.
La caravane du Tour de France 2017 lors de l'arrivée a Longwy, en Meurthe-et-Moselle, le 3 juillet 2017. — P. Emile / Sipa
  • Médias-Pitchounes suit le Tour de France cycliste et à la voile au quotidien
  • L’association défend l’initiative «Le Tour au pied des tours», pour un départ d’étape de la Grande Boucle dans un quartier populaire

Depuis 2010, ils font partie du paysage du Tour de France. Les jeunes Toulousains de Média-Pitchounes couvrent chaque été la Grande Boucle, via un magazine distribué pendant l’épreuve et une émission quotidienne sur Internet. Ces adolescents, âgés de onze à dix-sept ans, viennent pour la majorité d'entre eux de Bagatelle, un quartier populaire de Toulouse.

« Les objectifs initiaux, c’était d’organiser une rencontre entre deux mondes, de faire de la mixité sociale, de valoriser les quartiers et de faire des échanges intergénérationnels », détaille Laurent Girard, coordinateur de Média-Pitchounes.

Depuis ses débuts, l’initiative s’est développée : cette année, les 18 jeunes Toulousains sont accompagnés de 15 Nantais du quartier de la Bottière, où une antenne de l’association a été créée en 2014. Et désormais, les ados, divisés en plusieurs groupes, couvrent également le Tour de France à la voile, qui débute vendredi.

« Jamais une étape n’est partie d’un quartier populaire »

Au-delà de ce travail au quotidien, Média-Pitchounes poursuit un projet au long cours, dont le nom résume le contenu : « Le Tour au pied des tours ». « Nous voulons accueillir un départ d’étape à Bagatelle, explique Laurent Girard. Toulouse entrerait dans l’Histoire car jamais une étape n’est partie d’un quartier populaire. Ce n’est pas gagné, mais on en saura plus cet été. »

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L’idée n’est pas neuve : elle a germé en 2011 dans l’esprit d’un gamin de l’association. Mais la volonté de voir aboutir le projet s’est intensifiée ces dernières années : « On fait du lobbying, comme le comité de candidature des JO de Paris, poursuit le coordinateur. On en parle à tout le monde, à ASO (l’organisateur de l’épreuve), aux médias, aux politiques. L’an dernier, François Hollande y avait eu droit. »

Une question de volonté politique ?

Et sur le plan politique ? « Il y avait eu un rendez-vous entre Pierre Cohen (maire PS de Toulouse entre 2008 et 2014) et Christian Prudhomme (directeur du Tour de France) et ça avait collé, assure Laurent Girard. Mais depuis, le maire a changé, donc on recommence. » Contactée, la mairie de Toulouse, dirigée par Jean-Luc Moudenc (LR), n’avait pas encore transmis sa position sur le dossier ce jeudi après-midi.