LGV Bordeaux-Toulouse : Presque enterrée par Macron, la ligne a pourtant déjà coûté bonbon

SNCF Mise à mal par les déclarations récentes d’Emmanuel Macron, la LGV entre Bordeaux et Toulouse a déjà fait l’objet de nombreux financements, notamment des collectivités locales…

Béatrice Colin
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L'arrivée de la LGV en gare Matabiau était annoncée pour 2024 jusqu'à présent.
L'arrivée de la LGV en gare Matabiau était annoncée pour 2024 jusqu'à présent. — F. Scheiber / 20 Minutes

Pour l’heure, difficile de dire si Emmanuel Macron a complètement enterré le projet de ligne à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse, annoncée il y a encore peu pour 2024.

Dimanche, le Président de la République a en tout cas semé le doute en indiquant que « l’Etat ne prendra plus de grands engagements, ne lancera plus de nouveaux grands chantiers tant que la loi d’orientation des mobilités ne sera pas adoptée ».

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Certes le tronçon entre la capitale girondine et la Ville rose n’a pas été cité nommément, mais la levée de boucliers des élus locaux montre qu’il est tout désigné.

Plusieurs millions dépensés

« Toulouse, la 4e métropole de France, ne peut et ne doit pas être mise à l’écart plus longtemps de la LGV », a réagi la présidente de la région Occitanie, Carole Delga. Comme le maire de Toulouse, Jean-Luc Moudenc, et Georges Méric pour le Département, elle rappelle que cette liaison à grande vitesse entre Bordeaux et Toulouse est loin d’être nouvelle.

Le grand projet ferroviaire Sud-Ouest est dans les cartons depuis plusieurs années, il a déjà fait l’objet d’études et d’une déclaration d’utilité publique l’an dernier. Certes, celle-ci vient d’annuler par la justice administrative, mais l’Etat a fait appel samedi.

Pour être sûres un jour de relier Paris à Toulouse en 3 h 10, les collectivités de ce côté-ci de la Garonne ont même mis la main au porte-monnaie pour la réalisation de la LGV Sud Europe Atlantique entre Tours et Bordeaux.

Pour la ligne L’Océane inaugurée dimanche, la Région a versé 66,01 millions Toulouse Métropole 26,8 millions d’euros et le Conseil départemental de Haute-Garonne a déboursé 16 millions d’euros et doit encore payer 32 millions d’ici à la fin de l’année.

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Si aucun coup de pioche n’a été donné sur le tronçon Bordeaux-Toulouse, des sommes ont par contre été dépensées. La Métropole a ainsi contribué à hauteur de 7,8 millions pour le financement d’études, s’est engagée à verser au moins 8 millions de plus pour la réalisation des avant-projets détaillés notamment.

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La Région a, de son côté, payé 11,51 millions au titre d’études mais aussi d’aménagements du nord toulousain. Sans compter l’argent mis sur la table par l’Etat ou encore l’Union européenne.

Au total, selon SNCF réseau, 100 millions ont déjà été engagées pour les études de GPSO depuis 2005 et 15 millions pour les acquisitions foncières d’urgence.

Des factures dures à digérer si le projet venait à ne pas voir le jour.