Toulouse: Perquisition administrative chez un jeune imam, fiché S et ex-licencié de tir

SOCIETE A Toulouse, la préfecture a souhaité vérifier qu’un jeune imam fiché S et ex-licencié dans un club de tir s’était bien débarrassé de son arme…

Helene Menal

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Un permis de détentiond'arme. Illustration.
Un permis de détentiond'arme. Illustration. — Rackman WPA Sipa

Un imam de 34 ans, installé depuis peu dans le quartier de la Reynerie à Toulouse, a fait l’objet d’une perquisition administrative à son domicile le vendredi 30 juin au matin. Selon la ​ préfecture​, qui confirme l’information dévoilée par La Dépêche du Midi, il s’agissait de vérifier s’il détenait toujours une arme.

L’arme dans un dépôt-vente…

L’imam, qui nie tout lien avec la mouvance salafiste, est en effet fiché S et a été affilié dans un club de tir sportif jusqu’à il y a deux ans. Cette procédure découle des mesures prises après l’attentat raté des Champs-Elysées le 19 juin. Son auteur, Adam Djaziri était fiché S et détenait néanmoins un permis de détention d’arme. Dans la foulée, Gérard Collomb, le ministre de l’Intérieur avait demandé aux préfectures une « évaluation » sur le sujet.​

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​Dans le cas de l’imam toulousain, les services de l’Etat lui ont demandé par courrier le 20 juin « de bien vouloir remettre son arme dans un délai légal de 30 jours ». Selon son avocat, interrogé par le quotidien régional, il s’en est séparé le 19 juin dans un dépôt-vente d’Albi, dans le Tarn.

L’homme avait été interdit de fréquenter la Grande mosquée de Cannes 

Or, précise la préfecture à 20 Minutes, « les modalités de remise d’une telle arme sont limitées : vente ou remise de l’arme à des fins de destruction à un armurier habilité, abandon de l’arme à l’Etat ou neutralisation de cette arme ». Laisser une arme dans un dépôt-vente ne rentre pas dans le cadre légal puisque cela « ne constitue pas un dessaisissement juridique et qu’il en est toujours propriétaire ».

Le trentenaire était précédemment établi à Cannes. En novembre 2015, il avait fait l’objet d’un arrêté préfectoral lui interdisant de fréquenter la Grande mosquée de la ville. Mais il l’avait contesté devant le tribunal administratif et avait obtenu gain de cause.