Toulouse: La mère d’un jeune mort en Syrie écrit à Emmanuel Macron

RADICALISATION Fin décembre 2013, le fils de Dominique Bons mourrait dans un attentat suicide près d’Homs, en Syrie. Elle se bat depuis contre la radicalisation des jeunes et vient d’écrire au nouveau Président…

Beatrice Colin

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Dominique Bons, présidente de l'association
Dominique Bons, présidente de l'association — DR
  • Le fils de Dominique Bons, Nicolas, est mort fin 2013 dans un attentat suicide près de Homs. Il avait intégré avec son jeune demi-frère les rangs de Daesh contre le régime de Bachar al-Assad.
  • Dominique a créé en 2014 l’association "Syrien ne bouge… Agissons", qui soutient les familles de jeunes endoctrinés

Son fils, Nicolas, est mort en décembre 2013 dans un attentat suicide dans la région de Homs, cinq mois après son jeune demi-frère, Jean-Daniel, parti lui aussi combattre le régime de Bachar al-Assad au sein des rangs de Daesh.

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La mort de son enfant, converti à l’Islam quelques années plus tôt, Dominique Bons l’a apprise par un SMS un jour de janvier 2014. Depuis, elle se bat au sein de son association « Syrien ne bouge… agissons » contre l’embrigadement des jeunes.

Elle vient d’écrire à Emmanuel Macron pour faire entendre sa voix et celles de toutes les familles qui se sentent souvent incomprises. « Nous voulons qu’il soit au courant de ce qui se passe, du rôle que joue notre association auprès des familles complètement désemparées. Je veux lui expliquer les conséquences que peut avoir un départ sur les proches, un décès ou les difficultés du retour », indique cette habitante de la région toulousaine.

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Faire de la prévention contre l’endoctrinement

Depuis plus de deux ans, elle a été en contact avec une centaine de proches de jeunes partis en Syrie. Elle intervient aussi auprès des collégiens et lycéens pour leur faire prendre conscience des risques de l’embrigadement. « L’Education nationale est un peu frileuse. Pourtant, à chaque fois que je me suis rendue dans un établissement scolaire, cela s’est bien passé. Les jeunes sont à l’écoute, très touchés et très choqués aussi. Je n’y vais pas pour délivrer un simple témoignage, mais pour leur expliquer ce qui se passe s’ils sont endoctrinés, pour eux, pour leur famille aussi », poursuit cette mère.

Si elle ne critique pas l’initiative de la plateforme « stop djihadisme » mise en place en 2015 pour signaler d’éventuelles radicalisations ou départs, elle estime qu’il est difficile pour certaines familles d’y faire appel. « Les proches sont réticents et ont peur de dénoncer leurs enfants », souligne Dominique Bons.

Désolidarisée de Syrie Prévention Familles

Touchée par les mots qu’Emmanuel Macron avait prononcés à l’endroit de ces jeunes dans l’entre-deux-tours, elle espère trouver en lui une oreille attentive pour faire avancer la prévention.

Elle ne veut pas être mise dans le même sac que la présidente de Syrie Prévention Familles et un couple membre de cette association. La semaine dernière, ces trois parents ont été mis en examen après avoir envoyé des mandats à leurs enfants en zone irako-syrienne, des sommes qui auraient été détournées des subventions. « C’est inadmissible et cela nous porte préjudice. Nous sommes déjà mal vus, considérés comme des familles de terroristes et djihadistes, les familles sont très remontées », conclut Dominique Bons.