Jeune retraité du rugby, Thierry Dusautoir fait l'éloge de la fraternité

VALEURS Thierry Dusautoir, l’ancien capitaine du XV de France, était l’un des invités des Rencontres de la Fraternité organisées lundi à Toulouse…

Nicolas Stival

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Thierry Dusautoir lors des Rencontres de la Fraternité, le 26 juin 2017 à la préfecture d'Occitanie, à Toulouse.
Thierry Dusautoir lors des Rencontres de la Fraternité, le 26 juin 2017 à la préfecture d'Occitanie, à Toulouse. — N. Stival / 20 Minutes
  • Devant une assistance fournie à la préfecture d’Occitanie, Thierry Dusautoir est revenu sur sa vie et son parcours
  • Pour le désormais ex-joueur, le rugby reste une école de la fraternité

Ce n’était pas l’endroit ni le moment pour évoquer le fiasco du XV de France en Afrique du Sud. Jeune retraité du rugby, l’ancien capitaine des Bleus Thierry Dusautoir est venu lundi à la Préfecture d’Occitanie pour participer aux troisièmes Rencontres de la Fraternité.

« Je n’ai pas vraiment de temps à moi, je suis très pris par ma reconversion, confiait à la sortie l’ancien troisième ligne du Stade Toulousain, désormais entrepreneur. Mais participer à des journées comme celle-là, c’est important. On voit des gens simples qui réussissent à aider, à être décisifs dans leur quartier. »

Avant de laisser la parole à des jeunes et moins jeunes intervenant(e) s, puis au talentueux guitariste flamenco Kiko Ruiz, né dans la Ville rose, Dusautoir (35 ans) a donc partagé son expérience.

Celle d’un enfant métis qui a grandi en Côte d’Ivoire avant le déracinement à l’âge de dix ans, et l’adaptation plus ou moins facile à la vie en France, dans le Périgord, puis le divorce des parents. L’histoire est connue.

« On s’est parfois retrouvés au Secours populaire »

Mais le Dark Destroyer a rendu un hommage très appuyé à sa mère Kekane, qui s’est retrouvée un temps « sans revenus », puis a repris ses études tout en faisant des ménages. « Les fins de mois étaient compliquées, on s’est parfois retrouvés au Secours populaire, a-t-il lancé devant une assistance nombreuse, de tous âges et toutes origines. Mais ma mère a toujours été très sévère avec ma sœur et moi pour qu’on soit forts à l’école. »

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C’est comme cela que Dusautoir a obtenu quelques années plus tard un diplôme d’ingénieur en chimie des matériaux, alors qu’il avait déjà entamé sa carrière professionnelle à Bordeaux-Bègles. « La fraternité, je l’ai connue avant et pendant le rugby, ainsi que dans les études. Au Stade Toulousain, il y a les bénévoles qu’on appelle les papys qui nous entourent et nous permettent de vivre notre passion à 100 %. Et dans ma nouvelle vie, des personnes me tendent la main, m’expliquent les nouvelles règles du jeu. »

Au rugby, « pour trouver sa place, il faut savoir se sacrifier »

Au fait, les fameuses valeurs du rugby, comment se portent-elles ? Pas si mal, si l’on en croit l’homme aux 80 sélections. « Le rugby reste éminemment collectif. Pour trouver sa place, il faut savoir se sacrifier. On met en avant ceux qui marquent des essais, qui font lever les foules. Mais à l’intérieur du groupe, on sait que les exploits ne sont pas possibles sans d’autres joueurs, qui n’ont peut-être pas un physique valorisant, qui peuvent être petits et gros, mais qui sont essentiels. »

Sur le plan personnel, Thierry Dusautoir fait vivre la fraternité en s’impliquant dans plusieurs associations : Rebonds ! qui promeut l’insertion et l’éducation par le rugby, Oscar’s Angels, qui vient en aide aux enfants malades et à leur famille, et la fondation L’Envol, qui soutient les lycéens de milieu défavorisé afin qu’ils atteignent leurs objectifs professionnels. « C’est une manière de rendre ce qui m’a été offert il y a quelques années », souligne l’ancien rugbyman. Et il le rend bien.