Latécoère pourrait délocaliser

Sophie Allard et Hélène Ménal - ©2008 20 minutes

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L'équipementier aéronautique Latécoère, le plus gros sous-traitant d'Airbus, pourrait ouvrir une usine de production de mille salariés en Tunisie. L'information, parue hier dans La Dépêche du Midi, n'a pas été démentie par la direction de l'entreprise, qui ne communiquera sur sa nouvelle stratégie que le 4 février. Mais elle a considérablement secoué le lan-derneau. Au premier rang, la CGT estime qu'il « risque de ne rester à terme que les bureaux d'étude en France ». Myriam Martin, la candidate LCR-Motivé-e-s, dénonce pour sa part la collusion du maire sortant avec l'entreprise. Guy Weissenbacher, le directeur général chargé des opérations aérostructures du groupe, est en effet un colistier de Jean-Luc Moudenc (centriste, soutenu par l'UMP). « Aucun emploi toulousain ne doit être transféré ailleurs », insistait hier ce dernier. Pour Pierre Cohen, le candidat PS, « si cette information s'avérait exacte, c'est toute la filière régionale qui serait destabilisée ». Pierre Izard (PS), le président du conseil général, se dit « alarmé [...] et en colère ». Martin Malvy, le président (PS) de la région, demande « un changement dans la politique monétaire ». Depuis plusieurs années, Latécoère a en effet anticipé la faiblesse du dollar en appuyant sa croissance sur des implantations dans les pays à bas coûts, comme la Tunisie, la République tchèque, le Brésil, ou la Pologne. Mais l'entreprise y est jusqu'ici parvenue sans supprimer d'emplois à Toulouse. Et tout le monde retient son souffle pour que ce soit à nouveau le cas.