Avec BlaBlaLines, BlaBlaCar vise le marché (colossal) du covoiturage domicile-travail

APPLICATION L’application BlaBlaLines concerne depuis début mai deux lignes test, Toulouse – Montauban et Reims-Châlons en Champagne…

Nicolas Stival

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Frédéric Mazzella, président de BlaBlaCar, lors de la présentation de l'appli mobile BlaBlaLines, le 30 mai à la zone d'activités Eurocentre, près de Toulouse.
Frédéric Mazzella, président de BlaBlaCar, lors de la présentation de l'appli mobile BlaBlaLines, le 30 mai à la zone d'activités Eurocentre, près de Toulouse. — N. Stival / 20 Minutes
  • BlaBlaLines met en relation conducteur et passagers pour des trajets domicile-travail
  • L'application mobile est pour l'heure en phase pilote

Géant du covoiturage, avec 45 millions d’utilisateurs dont douze en France, BlaBlaCar s’est lancé début mai dans le transport de proximité, via BlaBlaLines. Pour commencer, l’entreprise lancée en 2006 a ouvert deux lignes, Toulouse – Montauban (54 km) et Reims - Châlons-en-Champagne (47 km), destinée aux trajets du quotidien.

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« C’est une phase de test », explique Frédéric Mazzella, le président fondateur de BlaBlaCar, présent mardi dans le Sud-Ouest pour promouvoir sa nouvelle application auprès des particuliers et des entreprises du parc d’activités Eurocentre, entre Toulouse et Montauban.

Le chef d’entreprise est parti d’un constat : « Il y a 13,5 millions de navetteurs domicile-travail en voiture chaque jour, dont seulement 3 % en covoiturage. Le taux d’occupation d’une voiture est de 1,08 personne, c’est-à-dire que dans onze véhicules sur douze, il n’y a qu’un conducteur. » Autrement dit : le marché est énorme.

Comment ça marche ?

Possesseurs de iPhones, vous devrez patienter. L’application BlaBlaLines, disponible pour les smarphones Android, ne sera proposée que fin juin sur l’Apple Store. Après inscription (gratuite pour l’instant), le conducteur qui souhaite offrir ses services doit rentrer son itinéraire habituel ainsi que ses horaires d’aller et retour. Le passager précise ses points de départ et d’arrivée, et les heures qui lui conviennent. L’appli analyse le trajet pour voir si une ligne est ouverte, et détermine le prix du voyage.

Les conducteurs potentiels sont alors contactés par l’appli. Le premier qui répond positivement est mis en relation avec le passager. Le but avec BlaBlaLines est de « créer des lignes de covoiturage sur le modèle des transports en commun », glisse son fondateur. Les horaires les plus courus ? 7 heures – 9 h 30 et 16 heures – 19 h 30, du lundi au vendredi.

Quels sont les avantages, selon BlaBlaCar ?

« En tant que conducteur, il n’y a pas de détour, promet Frédéric Mazzella. Et l’on ne dépend plus de l’agenda d’un collègue ou d’un voisin. » Une cinquantaine de points de rendez-vous existent déjà à Montauban, environ 250 à Toulouse, et d’autres se développent entre les deux villes. « J’ai fait le test lundi à 17 h 40 au péage de Montauban-Sud pour rallier le centre de Toulouse, et j’ai attendu quatre minutes, reprend le chef d’entreprise. Cela a coûté quatre euros. »

A raison d’un euro en moyenne les dix kilomètres, le passager paiera au maximum six euros entre les préfectures du Tarn-et-Garonne et de Haute-Garonne. « Cela représente environ 2.400 euros d’économie par an et par personne sur ce trajet, ainsi qu’une tonne de CO2 économisée chaque année », promet Frédéric Mazella. Qui dit moins de voitures dit moins de pollution, moins de bouchons et aussi moins de stress…

Quels sont les premiers retours ?

Selon BlaBlaCar, « plusieurs centaines de personnes » sont déjà inscrites sur le service BlaBlaLines pour la ligne Toulouse – Montauban, quelques semaines après le début de la phase test et alors que le « vrai » lancement doit avoir lieu en septembre. 10.000 personnes font l’aller-retour entre les deux villes chaque jour (ils sont 6.000 entre Reims et Châlons-en-Champagne). Pour l’heure, l’entreprise ne touche rien mais un service d’abonnement « pour quelques euros » est à l’étude.

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A la différence de BlaBlaCar, où le paiement sécurisé se fait via le site, le passager de BlaBlaLines verse l’argent directement au conducteur. « Cela peut entraîner des comportements pas très civiques », craint un commercial d’une entreprise d’Eurocentre. « Techniquement, c’est un peu compliqué, on ne peut pas faire un copier-coller de BlaBlaCar où les gens réservent souvent en avance, répond Frédéric Mazzella. Mais s’il y a vraiment un problème, on trouvera une solution. »