Plus d’enfants touchés par une puberté précoce à Toulouse et à Lyon

SANTE Selon une étude, les enfants touchés par une puberté précoce sont plus nombreux autour de Toulouse et de Lyon que dans le Nord…

B.C. avec AFP

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A Toulouse et Lyon, les cas de puberté précoce sont plus nombreux. (Photo illustration)
A Toulouse et Lyon, les cas de puberté précoce sont plus nombreux. (Photo illustration) — F. Scheiber / 20 Minutes
  • Les responsables de l’étude mettent en avant le rôle joué par les perturbateurs endocriniens dans cette puberté précoce
  • Dans certaines régions, cette maladie est douze fois plus fréquente qu’ailleurs

Habituellement, les premiers signes de la puberté apparaissent chez les filles en moyenne à l’âge de 11 ans et à 13 ans chez les garçons. Mais parfois, le développement de la poitrine ou l’apparition de poils pubiens interviennent bien plus tôt dans l’enfance, avec le risque de voir la croissance stoppée.

Selon une étude dévoilée lors des Rencontres Santé Publique, qui ont lieu jusqu’à jeudi à Paris, il existe de grandes variations de la fréquence de cette puberté précoce d’une région à une autre.

Pour la freiner, des traitements sont prescrits et c’est à partir de ces cas que les chercheurs de l’hôpital parisien Robert-Debré et de l’Agence nationale sanitaire publique (ANSP) ont travaillé.

Moins de cas dans le Nord

Selon leur recensement, il y aurait 1.173 nouveaux cas par an chez les filles et dix fois moins chez les garçons. L’incidence varie de 1 à 12 nouveaux cas pour 10.000 fillettes de moins de 9 ans selon les départements.

« Pour les filles, nous avons identifié deux régions à forte incidence : Midi-Pyrénées autour de Toulouse et Rhône-Alpes autour de Lyon », avance Joëlle Moal, médecin épidémiologiste à la direction Santé environnement de l’ANSP. Ces résultats montrent aussi que Lille et le Pas-de-Calais sont les moins touchés.

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Reste à déterminer les causes de cette puberté précoce, en dehors de celles connues comme les lésions du système nerveux ou d’origine génétique. Dans la ligne de mire des scientifiques : les perturbateurs endocriniens que l’on retrouve dans les shampoings et produits de soins, mais aussi dans les pesticides, le bisphénol A ou encore les  phtalates. Une des pistes est aussi celle du surpoids ou des rayons UV.

Les UV modifieraient les taux hormonaux

Une précédente étude de l’Inserm avait déjà démontré dans une étude que les jeunes filles vivant dans les régions françaises les plus ensoleillées ont leurs premières règles trois ou quatre mois plus tôt que celles qui habitant dans le Nord. L’exposition aux UV serait à l’origine de la modification des taux de certaines hormones impliquées dans la survenue des règles.

Pour aller plus loin sur l’origine de ces disparités, les chercheurs de l’ANSP vont se pencher sur certains types de cultures, notamment la viticulture et l’arboriculture, auxquelles les familles auraient pu être exposées, tout comme les expositions industrielles.