Toulouse: Des chercheurs espèrent prévoir les rechutes des leucémies... grâce à des «souris compagnons»

SANTE Après sept ans de travaux, une équipe de chercheurs toulousains bat en brèche les théories sur les causes des rechutes - nombreuses - dans les leucémies aiguës. Elle espère pouvoir anticiper les récidives…

Hélène Ménal

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Un microscope. Illustration.
Un microscope. Illustration. — Superstock - Sipa

Quelque 3.500 cas de leucémie aiguë sont diagnostiqués chaque année en France, engageant d’autant plus le pronostic vital des patients qu’ils sont une majorité à rechuter. Jusqu’à présent, l’explication de ces récidives la plus répandue incriminait les cellules-souches cancéreuses soupçonnées de résister à la chimiothérapie.

Des souris compagnons

Mais, il y a sept ans, un chercheur toulousain a voulu en avoir le cœur net. Jean-Emmanuel Sarry du ​ Centre de recherches en cancérologie de Toulouse​ (Inserm), en collaboration avec Christian Récher, le chef du service d’hématologie à l’ Institut universitaire du cancer de Toulouse, a greffé les cellules de 25 patients atteints de leucémie aiguë sur des souris « compagnons ».

Elles ont reçu le même traitement que leurs modèles humains, ont suivi en accéléré la même évolution dans la maladie. Et les analyses biologiques menées sur ces rongeurs ont montré que les cellules-souches ne résistaient pas nécessairement à la chimio, battant en brèche les idées reçues.

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Mais ce n’est pas tout. Dans les résultats que le Toulousain vient de publier dans la revue internationale Cancer Discovery, il révèle qu’il a découvert un autre type de cellules leucémiques qui, elles, résistent. Elles se distinguent par une hyperactivité énergétique et pourraient être à l’origine des rechutes.

Anticiper les récidives

L’étude de ces cellules, et de la façon de les inhiber, ouvre de nouvelles perspectives thérapeutiques pour la leucémie. Mais les Toulousains ont aussi l’idée inédite de généraliser le système des souris compagnons.

« Pour chaque patient, une souris compagnon serait créée, permettant aux cliniciens d’anticiper l’évolution de la maladie et d’anticiper les rechutes », s’enthousiasme Jean-Emmanuel Sarry. Une innovation qui pourrait voir le jour d’ici une décennie… à condition de trouver les millions nécessaires aux essais cliniques.