AZF: Trois ans de prison avec sursis requis contre le directeur de l'usine et l'amende maximale pour la filiale de Total

JUSTICE Trois ans de prison avec sursis ont été requis ce jeudi à l’encontre de l’ex-directeur de l’usine AZF de Toulouse dont l’explosion a causé 31 morts le 21 septembre 2001…

H.M. avec AFP

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L'explosion de l'usine AZF a laissé un cratère d'une quarantaine de mètres de diamètre, le 21 septembre 2001.
L'explosion de l'usine AZF a laissé un cratère d'une quarantaine de mètres de diamètre, le 21 septembre 2001. — Witt / Sipa

Trois ans de prison avec sursis et 45 000 euros d’amende. C’est la peine requise ce jeudi contre Serge Biechlin, l’ex-directeur de l’usine AZF de Toulouse, devant la cour d’appel de Paris, lors du troisième procès de la catastrophe qui a fait 31 morts et près de 10 000 blessés le 21 septembre 2001.

Amende maximale pour Grande Paroisse

Jean-Christophe Crocq, l’avocat général, a également requis une amende de 225 000 euros (le maximum possible) contre la société Grande Paroisse, propriétaire du site et filiale du groupe Total.

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Dénonçant la « morgue » de la défense, le ministère public a appelé la cour d’appel à « rétablir le lien rompu entre les prévenus enfermés dans le déni » et la « communauté qu’ils ont brisée » en jugeant une bonne fois pour toutes que l’explosion était bien un accident industriel et un accident du travail résultant de « fautes lourdes » dans la gestion d’un site à haut risque.

Un « délai déraisonnable » pour le dénouement

Jean-Christophe Crocq a aussi indiqué qu’il aurait pu demander des sanctions plus lourdes pour des fautes « délibérées » mais il a estimé que le « délai déraisonnable » – seize ans – entre la catastrophe et ce troisième procès devait profiter aux prévenus.

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En 2012, la cour d’appel de Toulouse avait condamné Serge Biechlin à trois ans de prison avec sursis dont un an ferme et Grande Paroisse à la même amende que celle requise aujourd’hui. Mais la décision avait été annulée par la Cour de cassation.

Les avocats du groupe pétrolier commenceront leur plaidoirie mardi.

L’explosion de l’usine AZF est la pire catastrophe industrielle de l’après-guerre en France. Elle a ravagé tout le sud de la Ville rose et durablement marqué ses habitants, pour beaucoup dans leur chair.