AZF: Le début de la fin du troisième procès

JUSTICE Après quatre mois d'audience, l'heure est au réquisitoire dans le long et technique troisième procès AZF...

Helene Menal

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Le 21 septembre 2001,  l'explosion de l'usine AZF de Toulouse a laissé un paysage de désolation...
Le 21 septembre 2001, l'explosion de l'usine AZF de Toulouse a laissé un paysage de désolation... — Dominique Faget afp.com
  • Après quatre mois d’audience, le troisième procès AZF en est au réquisitoire
  • Le 21 septembre 2001, l’explosion sur le site de l’usine a fait 31 morts et 8.000 blessés
  • L’instruction a conclu au mélange accidentel de produits chimiques incompatibles

L’explosion qui a ravagé Toulouse le 21 septembre 2001 et causé 31 morts, est-elle due au mélange accidentel de produits chimiques incompatibles dans l’usine AZF ou bien la vérité est-elle ailleurs comme le soutient le groupe industriel ?

Après 16 ans d’interrogations et d’hypothèses aussi variées qu’irréconciliables, le troisième procès de la catastrophe tire à sa fin devant la cour d’appel de Paris.

« Témoins hors-sol »

Le réquisitoire à deux voix, deux avocats généraux, a débuté ce mercredi et s’achèvera jeudi. Pour Stéphane Chassard, premier à prendre la parole pour le ministère public, « il n’y a pas de mystère ». Il est convaincu qu’un tas d’ammonitrates a détonné dans le hangar 221 de l’usine. Il a donc balayé les multiples autres pistes mises sur le tapis par la défense, de l’incident électrique à la piste intentionnelle.

Sans assener de grandes vérités, ce troisième procès n’ayant conduit à aucun rebondissement, le magistrat a pointé du doigt la stratégie de la défense avec sa « collection de témoins Hamlet », « isolés, hors-sol » qui voient autre chose que toutes les autres personnes situées au même endroit, mais qui deviennent des témoins clés. Stéphane Chassard cite notamment cette dame arrêtée à un feu devant l’usine qui a vu un éclair traverser la route peu avant l’explosion. Il y avait d’autres automobilistes qui n’ont jamais parlé de cet éclair.

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Le réquisitoire doit se poursuivre jeudi. Les avocats de la défense plaideront à partir du mardi 23 mai. Gérard Ratier, le président de l’association de familles endeuillées, aborde cet épilogue « dans la sérénité », en « vieux soldat » qui connaît par cœur les tranchées du dossier.