Toulouse: Cinq choses que les fraudeurs du métro ne savent pas encore…

TRANSPORTS La fraude est en recrudescence, en particulier dans le métro. Mais Tisséo muscle son arsenal contre les resquilleurs…

Hélène Ménal
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Un usager toulousain qui valide son ticket. Illustration
Un usager toulousain qui valide son ticket. Illustration — A. GELEBART / 20 MINUTES

Sur les 500.000 usagers qui prennent chaque jour le métro, le tram ou le bus à Toulouse, Tisséo estime qu’il y en a environ 26.000, soit 5,2 %, qui grugent. La fraude est même en recrudescence, notamment dans le métro, où les portillons réservés aux personnes à mobilité réduite ne voient pas passer que des poussettes ou des fauteuils roulants.

L’exploitant a donc décidé de frapper un grand coup et de muscler son arsenal. Voici cinq raisons pour lesquelles, il vaut mieux arrêter de tricher…

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Votre look ne vous sauvera pas. Votre bonne tête de père (ou mère) de famille sans histoire ne vous protège pas des contrôles. Quand les « vérificateurs de perception », appellation officielle des agents assermentés chargés de vérifier les titres, entrent en action, ils arrêtent « systématiquement » les voyageurs.

Car, ils savent que les fraudeurs, c’est « Monsieur (ou madame) Tout le monde ». « Il n’y a pas que des jeunes en baskets, loin de là, explique un cadre. Certains d’ailleurs le font juste par goût du risque ». Ou par bêtise puisqu’il arrive que des abonnés - à qui ça ne rapporte strictement rien de tricher sinon la joie de fausser les statistiques - se fassent pincer pour n’avoir pas validé.

Ça coûte cher à la collectivité. Tisséo estime que la fraude représente 10 millions de manque à gagner par an, soit environ 27.000 euros par jour. Les vérificateurs dressent 16.000 PV par an. Comme ils prennent la carte, 22 % sont payés immédiatement. Mais le taux de recouvrement global n’est que de 48 %.

Ce que vous risquez si vous fraudez sur le réseau Tisséo.
Ce que vous risquez si vous fraudez sur le réseau Tisséo. - Tisseo - SMTC

Une armée de vérificateurs en renfort. Jusqu’à la mi-juillet, puis à l’automne, les contrôles inopinés, « statiques ou roulants », vont se multiplier. Grâce à des renforts internes et externes, les vérificateurs seront 150 au lieu de 80 habituellement. Ne pas valider son titre de transport coûte 40 euros si le paiement est immédiat, ne pas en avoir du tout, expose à un PV de 60 euros.

Le délit de fraude d’habitude. Quand on fraude à répétition, cela devient un délit passible du tribunal correctionnel. Grâce à une loi récente, le « délit de fraude d’habitude » est constitué à partir de cinq contraventions sur les 12 derniers mois, au lieu de 10 auparavant.

Une possibilité de vérifier les adresses. Si plus de la moitié des PV restent impayés, c’est parce que les fraudeurs donnent de fausses adresses. Les vérificateurs de Tisséo sont agréés pour recueillir des identités. Ils pourront bientôt trouver la vraie adresse du voyageur grâce à une plateforme commune à tous les opérateurs de transport.