VIDEO. Le bushcraft, l’art de vivre en pleine nature, décodé par un youtubeur toulousain

INSOLITE Un youtubeur toulousain partage ses bivouacs et connaissances sur la technique du bushcraft, à mi-chemin entre le scoutisme et la vie de trappeur…

Béatrice Colin

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Le youtubeur toulousain Simon Nature Bidouille donne les rudiments du bushcraft dans ses vidéos.
Le youtubeur toulousain Simon Nature Bidouille donne les rudiments du bushcraft dans ses vidéos. — Simon Nature Bidouille
  • Le bushcraft est une discipline encore confidentielle mais qui a de plus en plus d’adeptes, notamment dans les Alpes.
  • Depuis trois ans, un jeune youtubeur toulousain fait partager ses bivouacs et l’apprentissage du b.a.-ba du bushcraft sur sa chaîne YouTube Simon Nature bidouille.

Vous connaissez le bushcraft ? Non, ce n’est pas la dernière tendance en matière de loisirs créatifs ou le dernier jeu des cours de récréation. Depuis trois ans, Simon, un Toulousain de 29 ans, donne sur sa chaîne YouTube les rudiments de cette discipline à mi-chemin entre le scoutisme et la vie de trappeur.

Pas en mode survie

Ne cherchez pas des techniques spectaculaires qui feront de vous le candidat idéal pour devenir le prochain vainqueur de Koh-Lanta ou un disciple de Mike Horn. « Les émissions du genre Man vs Wild j’y suis allergique, ce côté spectacle ça me donne des boutons. Dans le bushcraft, la nature est une alliée, contrairement à la survie où elle représente un danger », plaide le jeune écologue de formation.

Le Youtoubeur toulousain Simon Nature Bidouille lors d'une sortie.
Le Youtoubeur toulousain Simon Nature Bidouille lors d'une sortie. - Simon Nature Bidouille

Et si cette pratique popularisée par Ray Mears, le « Nicolas Hulot British », reste encore confidentielle, à l’heure où le retour à la nature est plébiscité, le nombre d’adeptes ne cesse de croître, surtout dans les Alpes.

Avant de partir en forêt la fleur au fusil, Simon livre quelques astuces pour profiter pleinement de l’esprit bushcraft, lui qui prend plaisir « à échanger ».

Jamais partir sans…

« Les puristes partent en forêt avec rien, mais c’est presque du bushcraft paléolithique. Je pense qu’il faut toujours avoir dans son sac un couteau, une scie et une hache. Après il faut être ingénieux avec ce que l’on a sous la main », insiste Simon.

Une liane remplacera une corde, trois morceaux de bois compléteront la panoplie pour réaliser un trépied et faire chauffer la tambouille du soir.

Un système de trépied 100 % natural pour la cuisine en mode buschcarft.
Un système de trépied 100 % natural pour la cuisine en mode buschcarft. - Simon Nature Bidouille

Premier feu, première cuillère

« Le premier challenge que tout le monde essaie de relever est celui de faire du feu par friction. Pour cela il faut un couteau, un lacet ou un bout de corde. On découpe une planchette de bois qu’on trouve et avec une branche que l’on utilise comme une drille on va jouer du violon », détaille Simon qui a appris sur le tas et qui partage son savoir mais aussi ses expériences d’apprentissage.

Malgré plus de 70 vidéos et sorties bushcraft à son actif, ce dernier n’a toujours pas réussi le feu juste avec les mains et une tige en bois sur une planchette, « en mode préhistorique ».

La cuillère en bois, le premier ustensile d'un adepte du bushcraft.
La cuillère en bois, le premier ustensile d'un adepte du bushcraft. - Simon Nature Bidouille

Pour sortir de l’âge du fer (ou plutôt s’y replonger), une des premières choses à faire est de réaliser une cuillère grâce à une souche trouvée dans les bois et son couteau. Elle vous resservira à chaque fois. « On peut aussi dans le même style former sa kuksa, une tasse. Cela permet d’avoir ses premiers ustensiles de confort », poursuit le jeune homme.

Se nourrir avec pas grand-chose

Se nourrir est l’aspect le plus difficile du bushcraft selon Simon. Avant d’aller à la cueillette, il vaut mieux se renseigner sur les baies et autres herbes sauvages. Mais si on s’y connaît un peu – et Simon, aussi naturaliste à ses heures, donne quelques notions sur sa chaîne – le soir on peut manger une salade de pissenlit accompagnée d’une bonne truite.

Une truite cuisinée à l'amérindienne par Simon Nature Bidouille lors d'une sortie bushcraft.
Une truite cuisinée à l'amérindienne par Simon Nature Bidouille lors d'une sortie bushcraft. - Simon Nature Bidouille

Pour assurer un minimum, il conseille d’amener de la farine. Avec de l’eau purifiée grâce au feu, on peut faire du pain ou une sorte de chapati. Les plus érudits iront jusqu’à faire leur propre farine avec de l’écorce de bouleau blanc ou du café avec des graines d’orties torréfiées.

A deux, c’est mieux…

Se transformer en trappeur, cela passe aussi par la construction d’un abri parfois. Pour bien dormir, et éviter les fourmis et autres rampants, certains opteront pour le hamac. Mais lorsqu’on préfère le plancher des vaches, il faut penser à créer un tapis moelleux de feuilles mortes pour éviter les maux de dos.

Au fil de ses bivouacs, Simon n’a jamais eu de problème, mais comme il est plutôt trouillard, il préfère les sorties à plusieurs. Et comme ses copains de bushcraft, il sait qu’il faut respecter quelques règles. Comme celle élémentaire de ne pas garder de la nourriture à proximité, histoire d’éviter de se retrouver avec l’ours Pyros en train de fouiller dans son sac.

« Et laisser la nature comme on l’a trouvée sur le principe de partir sans laisser de traces. C’est pour cela que j’ai plutôt tendance à faire du temporaire », plaide le baroudeur suivi par plus de 5 600 personnes dans ses aventures.