Airbus prend sous son aile des start-up pour booster leur envol

INNOVATION Avec ses BizLab, Airbus soutient des projets innovants de plusieurs start-up, mais aussi les bonnes idées de ses employés…

Beatrice Colin

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Le BizLab d'Airbus à Colomiers.
Le BizLab d'Airbus à Colomiers. — Airbus
  • Près de 1.000 start-up des quatre coins du monde ont postulé pour intégrer les trois centres BizLab d’Airbus
  • Trente start-up ont intégré les BizLab

Comme chez Google ou Facebook, le baby-foot trône au milieu d’un open space, mais dans les locaux du BizLab d’Airbus les canapés sont remplacés par des sièges d’avion. Les joueurs qui s’y affrontent viennent de Hambourg, de Bangalore ou de Toulouse et leurs cerveaux fourmillent d’idées.

De la matière grise qu’Airbus a décidé de faire prospérer au sein de ses trois centres allemand, français et indien. Depuis leur lancement en 2015, plus 1.000 start-up ont postulé, mais seule une trentaine a été retenue. Trente-cinq projets portés par des salariés ont aussi été soutenus.

Ces jeunes employés d’Airbus et ces créateurs de start-up s’étaient donné rendez-vous mercredi à Colomiers pour échanger sur leurs projets innovants, dont certains pourraient séduire de nombreuses entreprises du monde aéronautique. Mais aussi pour les présenter à des managers de l’avionneur européen ou encore des investisseurs.

Inspection par drones

C’est le cas d’AirCam qui planche sur un programme d’inspection des appareils grâce aux drones. « Ils vont faire en 10 minutes 150 photos sur la partie haute de l’avion à une distance de 4 mètres là où deux salariés d’Airbus mettent deux heures pour tout inspecter grâce à des nacelles élévatrices », explique Marion Chaigne, chargée du développement du projet. Pour le constructeur qui expérimente AirCam depuis deux ans déjà sur sa chaîne d’assemblage de l’A330, cela permet de gagner du temps sur l’immobilisation de l’avion et le cycle de production.

L’objectif est aussi d’améliorer la sécurité des salariés chargés de détecter les fissures, les rivets manquants et autres problèmes sur la carlingue. Ces derniers se focalisent désormais sur des clichés derrière un ordinateur. « Nous sommes aussi en train de développer l’automatisation de la détection des anomalies grâce à notre programme », poursuit la porte-parole d’AirCam. Un service que l’avionneur pourrait fournir aux compagnies aériennes mais aussi aux aéroports, notamment sur d’autres activités comme la surveillance des sites. Ce qui est déjà le cas sur ceux d’Airbus.

Et cela a un intérêt financier. « Quand nous l’aurons déployé sur l’ensemble des sites et chaînes d’Airbus nous estimons qu’une économie de 38 millions d’euros sera faite chaque année », conclut Marion Chaigne.