Le plus grand squat de Toulouse évacué ce mercredi matin

SOCIETE Près de 300 personnes ont été évacuées mercredi matin du squat installé impasse des Arènes à Toulouse…

Béatrice Colin

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Le 10 mai 2017, lors de l'évacuation du squat des Arènes, à Toulouse.
Le 10 mai 2017, lors de l'évacuation du squat des Arènes, à Toulouse. — B. Colin
  • La préfecture et la mairie vont prendre en charge 273 personnes. Certaines pour quelques nuits, d’autres à plus long terme
  • Jusqu’à 450 personnes ont occupé ces anciens bâtiments de Cégelec

Ils avaient été prévenus la veille et la plupart des occupants du squat des Arènes avaient fait leur baluchon lorsque les bus sont arrivés. Mercredi matin, un peu avant 8h, l’évacuation des anciens bâtiments de l’entreprise Cégelec a débuté dans le calme pour s’achever près de deux heures plus tard.

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Depuis plusieurs années, ces locaux insalubres accueillaient des familles et personnes seules venues d’Albanie, de Roumanie, mais aussi de Syrie. « Il y avait beaucoup de bruit, mais c’était mieux que de dormir à la rue. La seule chose que l’on demande c’est de pouvoir avoir un toit pour dormir et se doucher », avancent trois collégiennes d’origine albanaise, arrivées en France avec leur mère il y a trois ans et demi.

Au plus fort, jusqu’à 450 personnes se sont entassées dans ces immeubles de bureaux, aujourd’hui propriété de Natixis. Au cours des derniers mois, le site avait occupé la rubrique des faits divers. Deux personnes sont mortes lors d’une rixe et d’un règlement de compte. Et un incendie avait conduit à l’évacuation de 80 personnes.

273 personnes prises en charge

Mercredi, une liste de 273 noms était entre les mains de l’association France Horizon, chargée depuis plusieurs mois d’établir un bilan social des occupants.

« Dans un premier temps nous les amenons tous dans un gymnase à la Cépière. Ils seront ensuite répartis. La mairie va prendre en charge 81 ressortissants européens, majoritairement des Bulgares et des Roumains. L’Etat se chargera de 192 personnes, dans un premier temps dans le cadre d’un dispositif hôtelier, puis ils seront orientés vers des centres d’accueil de demandeurs d’asile ou vers des centres d’hébergement d’urgence », détaille Michèle Lugrand, sous-préfète.

« Ceux dont nous allons nous occuper seront dans un premier temps sur de l’hébergement temporaire durant 6 à 18 mois, notre objectif est ensuite de les accompagner comme nous l’avons déjà fait pour les occupants du campement du Ramier durant l’été 2015. Aujourd’hui, 50 % vivent en logement social et un membre de la famille a trouvé un emploi », indique Daniel Rougé, adjoint au maire de Toulouse en charge de la solidarité et du social.

Effets du relogement

« Il était temps que l’Etat fasse son travail. Certains vont être pris en charge quelques nuits à l’hôtel mais nous savons qu’après ils retourneront à la rue et viendront grossir les squats existants », relève Thomas Couderette du collectif d’entraide et d’innovation sociale (Cedis) qui avait alerté sur la situation sanitaire du squat des Arènes il y a plusieurs mois.

Ce dernier reconnaît cependant que la situation a évolué ces dernières années, une prise en charge ayant lieu notamment des ressortissants européens. « On voit les effets du relogement car on retrouve très peu de familles bulgares et roumaines à la rue. Sur les bidonvilles de Toulouse on est passé de 1.400 à 900 personnes et on voit bien qu’il n’y a pas eu d’appels d’air », souligne ce travailleur social.

Le squat des Arènes devrait lui être rapidement démoli. Alors que le dernier bus quittait l’enceinte de cet espace insalubre, des pelles et autres manitous s’activaient déjà pour sécuriser les lieux. Un projet de construction de plusieurs logements est porté par Nexity sur le site, des permis de construire sont en cours d’instruction à la mairie.