Présidentielle: Sur les traces de Jaurès à Albi, Macron s'adresse à la jeunesse (et un peu à tout le monde)

PRESIDENTIELLE Le candidat du mouvement En Marche ! tenait jeudi soir son dernier meeting à Albi…

Béatrice Colin
Jeudi 4 mai 2017, Emmanuel Macron lors de son dernier meeting d'entre-deux-tours, à Albi dans le Tarn.
Jeudi 4 mai 2017, Emmanuel Macron lors de son dernier meeting d'entre-deux-tours, à Albi dans le Tarn. — B. Colin
  • Emmanuel Macron a fait référence à Jaurès et au discours qu’il a tenu en 1903 devant des lycéens sur la même place d’Albi
  • Le candidat a déclaré vouloir « concilier cette France qui se regarde en chien de faïence »
  • Au moins 5.000 personnes étaient présentes au dernier meeting du candidat

Au lendemain du débat houleux qui l’a opposé à Marine Le Pen, Emmanuel Macron était ce jeudi soir à Albi pour son dernier meeting de campagne. A trois jours du scrutin qui le mènera peut-être à la présidence de la République, le leader du mouvement En Marche ! est venu fouler les terres tarnaises de Jaurès, comme de nombreux candidats socialistes l’ont fait avant lui.

Après un passage à la Verrerie d’Albi, créée par des ouvriers avec l’aide du député socialiste à la fin du XIXe siècle, le candidat s’est adressé à la jeunesse sur la place du Vigan. Comme l’avait fait Jaurès avant lui. « La République est un grand acte de confiance et un grand acte d’audace, c’est cela aujourd’hui qui est notre défi », a-t-il lancé devant ses militants.


Des mots qu’attendaient Djemel un étudiant albigeois en sociologie conquis depuis plusieurs mois par l’ancien ministre de l’Economie. « Macron fait preuve de jeunesse, il n’a pas un discours révolutionnaire, on sent qu’il ne veut pas reproduire les erreurs passées d’une société de classe. Marine Le Pen et Jean-Luc Mélechon ont eux un racisme de classe en opposant ouvriers et élite », relève le militant.

« Concilier cette France »

Comme un écho, lors de son discours, Emmanuel Macron a répété que son combat était « celui de la cohésion de notre société ». « Il faut concilier cette France qui se regarde en chien de faïence. J’assume de ne pas choisir entre l’entreprise et le salarié, de ne pas choisir entre l’efficacité et le progrès social, l’un n’existe pas sans l’autre », a assuré le candidat en prônant un « dialogue social » au bon échelon.

« C’est ça que les gens veulent entendre, on en a marre de ces oppositions stériles », s’enthousiasme Jessica qui arbore une pancarte « Emmanuel Macron » et croit «à la victoire» dimanche soir.

Et quand son champion reconnaît au micro que « la France Insoumise a porté une vitalité démocratique », la jeune femme opine du chef. « Vous voyez, lui est ouvert, n’a pas un discours fermé mais rassembleur, il veut transformer la vie politique et j’espère qu’il le fera. » Devant 5.000 personnes, il s’est en tout cas engagé « à recomposer, renouveler jusqu’au bout » s’il sort vainqueur des urnes dimanche soir. « Le jour d’après, notre responsabilité sera immense, la France ne sera forte et juste que si elle est réconciliée », a-t-il conclu.

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