A Albi, sur les terres de Jaurès, un comité d'accueil interpelle Macron sur la loi Travail

PRESIDENTIELLE Emmanuel Macron est en déplacement à Albi ce jeudi. Avant son meeting, il s’est rendu à la Verrerie ouvrière d’Albi, fondé par des ouvriers avec l’appui de Jaurès…

Béatrice Colin

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Emmanuel Macron à la Verrerie ouvrière d'Albi, le 4 mai 2017.
Emmanuel Macron à la Verrerie ouvrière d'Albi, le 4 mai 2017. — B. Colin / 20 Minutes

Certes, l’accueil n’était pas aussi tendu qu’à Amiens, où les salariés de Whirlpool ont chahuté la semaine dernière le candidat d’En Marche ! mais à Albi, quelques heures avant son meeting pour la présidentielle sur la place du Vigan, Emmanuel Macron a dû faire face à de nombreux syndicalistes venus scander devant la la Verrerie d’Albi (VOA) : "Abolition de la loi Travail".

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Dans cette entreprise fondée par des ouvriers et mineurs de Carmaux, avec l’appui du député Jean Jaurès, des militants voulaient lui rappeler qu’ils « ne se contenteraient pas de glisser un bulletin dans l’urne », lâche une quinquagénaire.

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« Il vient ici pour le symbole, pour un discours, pas pour ce que représente la VOA. Tous ceux qui viennent se réclamer de Jaurès, ça fait des années qu’ils baissent les droits des salariés », critique Jérémy Lefevre, un délégué syndical de la verrerie.

Garantie sur l’emploi

Après avoir été durant un siècle une coopérative, la société a été une filiale de Saint-Gobain, Verallia. Jusqu’à ce qu’un fonds d’investissement américain, Apollo, la rachète.Le ministre de l’Economie de l’époque, un certain Emmanuel Macron, était alors appelé en renfort par les syndicats de la filiale pour que la stabilité de l’actionnariat soit garantie.

Et ce fut le cas avec l’entrée au capital de la banque publique d’investissement Bpifrance. Depuis, la Verrerie d’Albi se porte plutôt bien et a annoncé en début d’année des embauches qui devraient porter les effectifs à 300 personnes.

Des faits que n’a pas manqué de rappeler le candidat. « Nous, on veut des garanties sur l’emploi sur les dix prochaines années car on sait déjà que dans 5 ou 6 ans on va être vendus, c’est ce que nous allons lui demander », poursuit Jérémy Lefevre. Avant de préciser « ici on est anti-Le Pen, si elle était venue on aurait bloqué l’usine ».